Burkini: "La sagesse, c'est aussi de ne pas répondre à la provocation", juge le maire d'Antibes Jean Leonetti

  •  SOUTENEZ L'INDEPENDANCE DE FRANCESOIR, FAITES UN DON !  

Burkini: "La sagesse, c'est aussi de ne pas répondre à la provocation", juge le maire d'Antibes Jean Leonetti

Publié le 25/08/2016 à 15:34 - Mise à jour à 15:56
©AFP
PARTAGER :

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

-A +A

Maire Les Républicains d'Antibes, Jean Leonetti a choisi de ne pas prendre d'arrêté interdisant le burkini. Non qu'il approuve son port, mais parce qu'il juge "difficiles à mettre en œuvre" cette mesure, tant quant à la définition du vêtement qu'au fait qu'il soit interdit sur la plage et pas dans le reste de l'espace public.

Les arrêtés dits anti-burkini sont "faciles à prendre mais très difficiles à mettre en oeuvre", estime le député-maire Les Républicains d'Antibes, seule grande commune du littoral des Alpes-Maritimes à ne pas avoir pris de décision de ce type.

"Aujourd'hui, qu'est ce que c'est qu'un burkini ? Est-ce qu'on peut avoir quelque chose sur la tête ou pas, est-ce qu'on peut rester sur la plage en étant habillé ?... On n'arrive pas à définir exactement ce qui est de la provocation", explique à l'AFP Jean Leonetti.

"Le caractère ostentatoire (d'une tenue) c'est une appréciation relativement floue. Quand est-ce que c'est ostentatoire et troublant l'ordre public et quand est-ce que ça ne l'est pas... C'est une distinction qui est difficile à faire", ajoute-t-il.

Le maire soulève également le problème de "l'espace" dans lequel s'applique l'interdiction : "si le trouble à l'ordre public existe sur la plage, une tenue similaire qui couvre le corps de la femme n'est-il pas aussi trouble à l'ordre public sur le bitume, ou dans les magasins ?"

A Antibes, relate-t-il, "on a fait une inspection des plages, on a trouvé au bout de trois inspections complètes sur Juan-les-Pins une seule personne avec un voile qui accompagnait un vieux monsieur".

"La police m'a dit qu'il n'y avait pas de manifestation, d'acte de provocation ni de réprobation autour, et qu'il n'y avait pas du tout de trouble à l'ordre public", tandis que les commerçants et les représentants des cultes étaient opposés à la prise d'un arrêté, poursuit-il.

"Je ne m'inscris pas en opposition avec les maires qui ont pris un arrêté si dans leur commune ça a posé des problèmes (...) Si j'avais eu des manifestations de masse, provocantes, j'aurais peut-être réagi" comme eux, affirme-t-il cependant.

D'une manière générale, M. Leonetti estime que "la sagesse, c'est aussi de ne pas répondre à la provocation" : "il y a une grande partie de provocation et de test de la part d'une partie de l'islam qui est radicale et qui cherche (...) à créer un climat de guerre civile". "S'il n'y avait pas ce contexte, les attentats, je pense que le problème de la longueur d'un tissu sur les plages ne serait pas survenu".

"En ne prenant pas d'arrêté, je n'approuve pas" le fait de se voiler à la plage, tient à préciser M. Leonetti. "Je considère que voiler le corps de la femme, c'est une pratique choquante (...) une vision évidemment archaïque".

Mais "j'essaie de regarder comment on peut avancer sur ces sujets" sans "partir du détail". Ces arrêtés traduisent "des tensions dans notre pays qui sont bien plus globales que de savoir dans quelle tenue on doit se baigner".

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




PARTAGER CET ARTICLE :


"Si le trouble à l'ordre public existe sur la plage, une tenue similaire qui couvre le corps de la femme n'est-il pas aussi trouble à l'ordre public sur le bitume?", s'interroge Jean Leonetti.

Annonces immobilières

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-