Campagne présidentielle: Facebook peut-il changer la donne?

Campagne présidentielle: Facebook peut-il changer la donne?

Publié le :

Mardi 11 Avril 2017 - 17:38

Mise à jour :

Mardi 11 Avril 2017 - 18:15
A l'heure où le temps de parole et les moyens d'expression des candidats à la présidentielle sont strictement encadrés, l'importance déjà prépondérante de Facebook apparaît d'autant plus forte. Car les utilisateurs du réseau social sont, eux, tout à fait libre de s'exprimer. Ils constituent donc un réservoir de diffusion des idées qui semble avantager Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
©Dado Ruvic/Reuters
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Facebook existait déjà en 2012, mais depuis la dernière campagne présidentielle, le réseau social a dépassé les 30 millions d'utilisateurs, soit près de la moitié de la population. Surtout, il est devenu un moyen incontournable de l'expression politique tant pour les candidats que pour les électeurs. Au point de devenir acteur de cette campagne.

Le réseau social a d'ailleurs lancé ce mardi 11 Perspectives, son comparateur de programmes. Ce module affiche le programme d'un candidat lorsque l'utilisateur a consulté un article lié à l'actualité politique. Les propositions des candidats sont présentées de façon aléatoire, selon un ordre d'affichage qui change à chaque visite et dans la limite de trois fois par jour.

Un moyen de satisfaire aux obligations de neutralité de l'entreprise mais aussi du respect de l'égalité entre les candidats maintenant que la campagne officielle est lancée. La bataille de Facebook apparaît donc d'autant plus importante. Car l'expression des candidats est désormais encadrée que ce soit en terme d'affichage, de tracts, de clips de campagne et de temps de parole. Et cette règle vise aussi la propagande électorale sur Internet.

En revanche, rien n'empêche les soutiens et militants de chaque candidat de partager les publications de leur champion. A l'heure de la réglementation du temps de parole, le fait pour un prétendant à l'Elysée de posséder une solide base d'abonnés ou de "likes" est d'autant plus avantageux.

A ce jeu-là, Marine Le Pen est nettement gagnante, forte de plus de 1,2 millions de fans sur sa page officielle et donc autant de sources potentielles de diffusion de ses idées. Arrive ensuite Jean-Luc Mélenchon avec plus de 857.000 "j'aime", loin devant François Fillon (338.000), Emmanuel Macron (271.000) et Benoît Hamon (165.000).

En termes de "likes" enregistrés par les publications de chacun des cinq "principaux" candidats entre le 1er août et le 20 mars, l'ordre est similaire même si les écarts se tassent un peu (de 485.288 pour Marine Le Pen à 116.130 pour Benoît Hamon).

Arme pour les équipes et soutiens des candidats, Facebook est aussi prisé par les émetteurs de "Fake news" (fausses nouvelles) qui ont notamment empoisonné la campagne américaine. Le réseau social tente actuellement de lutter contre ces éléments de propagande, et la présidentielle 2017 pourrait permettre d'établir l'efficacité de ces mesures. 

Le nombre d'abonnés sur Facebook peut permettre à un candidat de diffuser plus largement ses idées durant la campagne officielle.


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