Colbert et l'esclavage: le nom du créateur du code noir doit-il quitter les écoles?

Colbert et l'esclavage: le nom du créateur du code noir doit-il quitter les écoles?

Publié le :

Dimanche 17 Septembre 2017 - 17:12

Mise à jour :

Dimanche 17 Septembre 2017 - 17:27
©Joël Saget/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Dans une tribune publiée ce dimanche dans "Le Monde" plusieurs personnalités demandent que les collèges et lycées Colbert soient débaptisés. En effet, en plus d’être ministre de Louis XIV, ce personnage historique est aussi à l’origine de la traite des noirs, considérée aujourd’hui comme un crime contre l’humanité.

Déboulonner les statues de Colbert et débaptiser les lycées qui portent le nom du célèbre ministre de Louis XIV. L’idée peut paraître radicale, elle n’en est pas moins demandée ce dimanche 17 par plusieurs associations, citoyens et professeurs au premier rang desquels Louis-Georges Tin, président du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France) et le philosophe Louis Sala-Molin. Ils considèrent en effet Colbert comme l’un des pionniers de l'esclavage en France et à ce titre comme responsable d’un crime contre l’humanité.

Outre son rôle de ministre des Finances Jean-Baptiste Colbert prépara en effet le fameux code noir, promulgué après sa mort en 1683, et qui légalisa le commerce négrier. Il fonda également la célèbre Compagnie des Indes qui exploita largement cette "main-d’oeuvre".

Or la "loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité", portée par Christiane Taubira en 2001, est aussi claire que son nom l’indique: "La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du xve siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité".

"Comment peut-on sur un même fronton inscrire le nom de +Colbert+, et juste au-dessous, +Liberté, Egalité, Fraternité+? Comment peut-on enseigner le vivre-ensemble et les valeurs républicaines à l’ombre de Colbert?", interroge donc ces personnalités dans une tribune publiée dans Le Monde ce dimanche 17, alors que la loi de 2001 a été consolidée ce même jour.

Le CRAN appelle également à déboulonner les statues de Colbert comme l’ont été celles de généraux confédérés aux Etats-Unis, et de débaptiser les rues à son nom.

Une proposition qui ravive donc le complexe débat sur la place à accorder aux hommes qui ont fait "de grandes choses", et d’autres terribles, parfois à contextualiser dans une époque. Napoléon était un dictateur, Pierre de Coubertin méprisait les olympiades "femelles" et sont toujours honorés. Mais il existe bien une frontière. Même s’il aura fallu attendre 2014, la dernière rue du Maréchal Pétain -héros de Verdun avant d’être la figure de la collaboration- a fini par être débaptisée.

Depuis 2001, la France reconnaît l'esclavage et notamment la traite négrière comme un crime contre l'humanité.


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