Coronavirus : Marseille défie Paris et réclame un gel des mesures

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Coronavirus : Marseille défie Paris et réclame un gel des mesures

Publié le 24/09/2020 à 12:09 - Mise à jour à 12:15
© NICOLAS TUCAT / AFP
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Auteur(s): FranceSoir

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Chiffres à l’appui, le premier adjoint à la maire de Marseille, soutenu par la classe politique locale et les cafetiers et restaurateurs, demande un délai de dix jours avant la mise en place de décisions qualifiées « d’incroyables ». Pour prouver que le gouvernement est dans l'erreur.
 
En l’absence de la première magistrate Michèle Rubirola – actuellement en convalescence – Benoît Payan n’y est pas allé avec le dos de la cuillère lors de sa conférence de presse de jeudi matin. Il s’en est pris directement au ministre de la Santé Olivier Véran :
 
"Nous n'acceptons pas d'être l'outil d'une politique-spectacle d'un ministre qui peine à assumer ses échecs"
 
Au-delà de la colère, l'élu local a surtout commencé son intervention par un point de situation dans la cité phocéenne. 
 
Vécu comme un affront
 
500 000 masques distribués gratuitement, des stocks reconstitués dans les hôpitaux dès les premiers signes d’un rebond de l’épidémie en juillet, des tests surfaciques quotidiens réalisés par les Marins Pompiers de la ville… Benoît Payan a insisté sur les mesures prises depuis l’été à Marseille, avec quelques tacles au passage : 
 
« 10 000 tests sont réalisés chaque jour, c’est 34% de plus qu’à Paris. Nous sommes le territoire le plus testé et la seule ville à avoir mis en place des contrôles quotidiens sur les eaux usées »
 
A Marseille, se sont ajoutées des mesures comme le port du masque obligatoire, et pour la Ville, les résultats sont là. Le premier adjoint rappelle que le taux d’incidence diminue (de 228 à 193 pour 100 000 habitants), que le taux de reproduction du virus est inférieur à 1 (0,89% précisément), « le plus bas de France », que le taux de positivité des tests diminue (8,2% aujourd’hui)… 
 
Pourquoi dans ce contexte, et alors que les hôpitaux marseillais accueillent actuellement 175 patients Covid et 38 malades en réanimation, décider depuis Paris de mesures « vécues comme un affront », et d’abord la fermeture des bars, des restaurants et des salles de sport ?
 
« Ces premiers résultats encourageants auraient mérité d’être salués par le gouvernement. (…) Au moment où tous ces efforts ont payé, pourquoi faire de Marseille un bouc-émissaire ? »
 
Le bloc marseillais
 
Cela fait quelques jours que la situation semble s’améliorer à Marseille, mais sur un temps insuffisant pour le ministre de la Santé. Benoît Payan a donc mis Olivier Véran et Jean Castex au défi de geler les mesures pendant dix jours, pour constater ou non le ralentissement effectif de l’épidémie : « Je ne crois pas que le gouvernement s’entête dans son erreur ».
 
Alors que le premier ministre louait il y a deux jours encore l’action « en confiance et en toute transparence avec les élus de la nation », le gouvernement se retrouve face à un véritable bloc marseillais. 
Mercredi soir, les réactions ne se sont pas faites attendre, en particulier sur Twitter, avec une ouverture du bal de la colère signée par Michèle Rubirola. 
 
 
D’autres élus sont montés au créneau dès mercredi soir. Ainsi Renaud Muselier, le président LR de la région PACA :
 
« Cette décision est unilatérale, inadaptée et injustice ! Vous pensez être courageux, en fait vous perdez votre sang-froid »
 
Valérie Boyer, députée LR des Bouches-du-Rhône :
 
 
« Pourquoi punir Marseille et les Bouches-du-Rhône ? Pourquoi mépriser les élus qui ne sont même pas consultés ? Pourquoi s’acharner contre les restaurateurs qui essayent de survivre ? Combien de faillites ? De familles ruinées ? »
 
Martine Vassal, présidente du Département et d’Aix-Marseille Métropole :
 
« Les annonces faites par Olivier Véran constituent une véritable catastrophe économique »
 
Maryse Joissains-Masini, maire d’Aix-en-Provence :
 
« Là, on dérape. Moi je dis : ferme-la, Véran »
 
La levée de bouclier des élus, des commerçants et de la population marseillaise et aixoise parviendra-t-elle à faire infléchir le gouvernement alors que les mesures doivent entrer en vigueur samedi ?
 
Olivier Véran, au moins lui, se retrouve en fâcheuse posture. 
 

Auteur(s): FranceSoir


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