Corruption des élus: les Français très pessimistes

Corruption des élus: les Français très pessimistes

Publié le :

Mardi 15 Janvier 2019 - 18:45

Mise à jour :

Mercredi 16 Janvier 2019 - 10:03
© JOEL SAGET / AFP/Archives
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Une très large majorité de Français estiment que la lutte contre la corruption des élus est insuffisante, voire défaillante, selon une étude Ifop pour le Projet Arcadie publiée ce mercredi. Pire, l'enquête montre que l'amélioration de cette perception n'est pas à l'ordre du jour.

Le slogan "tous pourris" a encore de beaux jours devant lui. C'est le principal enseignement d'un sondage Ifop pour le Projet Arcadie, plateforme d'information de l'activité parlementaire, paru ce mercredi 16. Selon cette étude, les Français sont ainsi 77% à estimer que la France ne se donne pas "réellement et efficacement les moyens de lutter contre la corruption sous toutes ses formes des élus".

Sans surprise, c'est auprès des partis se revendiquant "anti-système" que l'affirmation trouve le plus d'échos. Un total de 84% des sympathisants de la France insoumise, 86% de ceux du Rassemblement national et enfin 93% de ceux de Debout la France répondent ainsi "oui" à cette question.

Un catastrophisme largement partagé puisque les sondés les moins défaitistes à propos de la lutte contre la corruption des élus, les sympathisants de La République en Marche, sont tout de même 63% à estimer que la lutte contre la corruption est inefficace.

Et les perspectives d'avenir sont, dans l'esprit des sondés, tout aussi noires. Ainsi, 67% estiment que la lutte contre la corruption ne s'est pas renforcée depuis l'élection d'Emmanuel Macron. Et ce alors même que le président a fait voter dès le début de son quinquennat, mi-septembre 2017, une loi sur la moralisation de la vie publique prévoyant notamment, en écho à l'affaire Fillon, l’impossibilité pour les députés d’embaucher des membres de leur famille.

Lire: La loi de moralisation signée à la télé en direct par Macron

Mais, surtout, aucun parti ne semble réellement profiter de cette perte de confiance des Français dans leurs élus. Ainsi, quand il s'agit de désigner le parti leur inspirant "le plus confiance en matière de lutte contre la corruption des élus", LREM, RN et FI forment le trio de tête. Mais avec seulement 11% des réponses pour les partis d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen et 8% pour celui de Jean-Luc Mélenchon...

La première des réponses, et de loin, avec 50% des répondants est en effet "aucun d'entre eux". Terrible constat, mais qui confirme les conclusions du dernier baromètre de la confiance politique du Cevipof (lien): 9% seulement des Français y disent avoir confiance dans les partis politiques.

C'est dans ce contexte que le Projet Arcadie, dirigé par Tris Acatrinei, publie conjointement à ce sondage un rapport sur l'activité de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Un rapport dont il ressort clairement que la phobie administrative sévit toujours sur les bans de l'Assemblée nationale puisque, affirme ce rapport, 61 députés sur 577 seulement "ne manquent pas à leurs obligations déclaratives". La faute, nous confie Tris Acatrinei, aux autorités de contrôle "défaillantes".

Et s'il ne s'agit pas ici clairement de corruption, au moins dans une très large majorité des cas, il n'empêche que du manque de transparence ne peut naître que le manque de confiance.

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