Denis Baupin joue la carte de la transparence pour assurer sa défense

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Denis Baupin joue la carte de la transparence pour assurer sa défense

Publié le 10/06/2016 à 13:13 - Mise à jour à 13:24
©Witt/Sipa
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Le député écologiste Denis Baupin rend public les échanges qu'il a eu avec les femmes qui l'accusent d'agressions et harcèlements sexuels.

Des SMS diffusés dans la presse pour se dédouaner, les auditions qui s'enchaînent chez les policiers: un mois après les premières accusations d'agressions et harcèlement sexuels, le député écologiste Denis Baupin se défend tous azimuts, alors que l'enquête est entrée dans le vif du sujet.

Le 9 mai, les premières révélations par Mediapart et France Inter citaient huit témoignages, quatre de femmes écologistes parlant à visage découvert et quatre anonymes. La plupart évoquent des séries de SMS insistants, à caractère sexuel, pouvant constituer le délit de harcèlement. L'actuelle porte-parole d'EELV, Sandrine Rousseau, décrit une scène d'agression sexuelle, lors d'une réunion politique à Montreuil en octobre 2011. Parmi ces témoignages, un cas remonte à la fin des années 90, les autres vont de 2011 à fin 2013.

Le 30 mai, cinq nouveaux témoignages sortent dans Mediapart et sur France Inter, dont deux à visage découvert. Une journaliste est citée. Gestes ou messages inappropriés, agressions ou harcèlement, treize femmes ont parlé dans les médias à ce stade.

Après un long silence, interrompu par un démenti et l'annonce d'une plainte en diffamation, Denis Baupin s'est exprimé dans L'Obs du 2 juin: "j'affirme de toute ma vie n'avoir jamais commis de harcèlement sexuel ni d'agression sexuelle". Il dément l'agression racontée par Sandrine Rousseau, s'explique sur des échanges de SMS avec une députée écologiste, Isabelle Attard, parlant "plutôt de compliment, de séduction". Il esquisse aussi un début de mea culpa: "j'ai compris que des comportements peuvent inutilement blesser".

Cette semaine, son avocat Emmanuel Pierrat a enchaîné les plateaux. Jusqu'à citer des SMS envoyés à Baupin par ses propres accusatrices, et qui mettraient à mal leur version. L'une d'elles semble échanger de manière anodine au lendemain d'une agression. Une autre décline des invitations en faisant valoir qu'elle a des amants. Ces SMS sont "sortis de leur contexte", répond un proche d'une plaignante.

Les quatre premières femmes à avoir témoigné ont déploré une "stratégie faite de graves approximations et de travestissements grossiers de la vérité". "C'est une stratégie de communication de crise. J'attends les résultats de l'enquête avec confiance", a déclaré Sandrine Rousseau à l'AFP.

Via son avocat, Denis Baupin a promis de remettre les messages et son téléphone à la police. Ce sera le cas lorsqu'il sera entendu par les enquêteurs.

Selon une source proche de l'enquête, une dizaine de personnes ont été entendues à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), saisie dès le 10 mai des investigations par le parquet de Paris. Parmi elles, les quatre premières accusatrices, dont trois ont porté plainte.

"Certaines auditions en ont appelé d'autres", explique une source proche du dossier. Les enquêteurs, qui cherchent à entendre d'autres éventuelles victimes, interrogent aussi les témoins susceptibles d'étayer les récits. Notamment ceux auprès desquels des victimes se seraient confiées à l'époque.

Les députés Véronique Massonneau et François de Rugy ont été entendus, indiquent des sources proches de l'enquête. C'est aussi le cas de l'ancienne secrétaire nationale d'EELV Cécile Duflot. En revanche, à ce stade, aucun SMS n'a été remis aux enquêteurs par les plaignantes.

Oui, car l'enquête est ouverte pour les délits d'agression, harcèlement sexuels et appels téléphoniques malveillants, des faits prescrits au bout de trois ans. En théorie, à ce stade, seul le cas d'Isabelle Attard, qui dit avoir reçu des SMS de juin 2012 à fin 2013, semble échapper à la prescription. Dans le cas contraire, Denis Baupin ne pourrait être poursuivi devant un tribunal, même si l'enquête devait démontrer que les faits sont constitués.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP


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"J'affirme de toute ma vie n'avoir jamais commis de harcèlement sexuel ni d'agression sexuelle" se défend le député

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