Après les élections municipales : quel Premier ministre pour remplacer Edouard Philippe ?

Après les élections municipales : quel Premier ministre pour remplacer Edouard Philippe ?

Publié le 22/05/2020 à 15:21 - Mise à jour le 25/05/2020 à 08:40
Ludovic MARIN / POOL / AFP
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Auteur(s): Xavier Azalbert pour FranceSoir

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Depuis le début de la crise liée à l’épidémie de coronavirus, quelques discordances sont apparues entre le président de la République et son premier Ministre. Officiellement tout va bien, mais en coulisses rien ne va plus !

Si ce dernier avait en mars convaincu le Président Emmanuel Macron de la nécessité de maintenir le premier tour des élections municipales, il s’était opportunément attiré les foudres du premier cercle macronien. Des obligés du jour aux visiteurs-textoteurs du soir, tous auraient préféré ajourner ce scrutin parasité par une crise sanitaire. Récidivant ce vendredi 22 mai en annonçant le second tour, alors que l’entourage du chef de l’Etat laisse entendre qu’il regrette de ne pas avoir suivi son envie, sa première intuition manœuvrière: rejouer toute l’élection en mars 2021.

Un premier ministre mobilisé pour sortir de la crise

Ainsi va la vie d’un Premier ministre sous la Vème République. Le président a confié à son premier ministre la délicate mission d’informer les citoyens sur l’évolution de la crise, les mesures mises en œuvre, le calendrier de confinement puis de déconfinement, les bonnes et les surtout moins bonnes nouvelles. Le chef de l’Etat réservant ses interventions pour afficher une vision plus générale et plus constructive de la situation. Le premier ministre étant identifié comme le chef de toute une administration, les différences de point de vue se sont alors multipliées entre l’Elysée et Matignon, et les rumeurs d’un changement de Premier ministre sont apparues. Mais le Chef de l’Etat sait qu’on ne peut se débarrasser d’un Premier ministre servile, loyal et populaire qui a assuré la gestion d’une crise de cette envergure, sauf si … il est appelé vers d’autres horizons.

Et depuis la confirmation de la date du second tour des élections municipales le 28 juin prochain,

Edouard Philippe sait qu’il devra être nécessairement réélu maire du Havre, ce qui lui offrirait un nouvel horizon, tant espéré par l’Elysée.

 

Un changement de premier ministre, mais pour quel objectif ?

Le Président a déjà tout dit. Après son message de début de crise soulignant qu’il fallait soutenir l’économie « quoi qu’il en coûte », Emmanuel Macron réaffirmait avec force, depuis plusieurs semaines, qu’il faudrait se « réinventer pour le monde d’après. » Cela passera nécessairement par un nouvel élan à insuffler à l‘action gouvernementale pour la dernière période du quinquennat et première séquence de « l’après-Covid ». Et les défis à relever seront nombreux, et les chantiers à mener de front innombrables.

  • Le tournant écologique pour ne pas connaître pire que cette épidémie avec les conséquences d’un réchauffement climatique annoncé. Ce tournant est conforté par le succès des écologistes au 1er tour des élections municipales. Yannick Jadot, député européen et chef de file d’Europe Ecologie les Verts, porte haut ce tournant en mettant en garde : "Des chocs violents sont à venir si nous n’agissons pas"
  • Le tournant social pour amortir et atténuer les conséquences dévastatrices de la récession qui s’annonce. Bien que le gouvernement soit pleinement concentré sur la gestion de la crise sanitaire, il n’en oublie pas pour autant que les revendications des Gilets Jaunes restent au cœur d’une partie de la population. Et il faudra éviter l’embrasement, comme le souligne le président de la région des Hauts de France, Xavier Bertrand.
  • Le tournant budgétaire avec l’abandon d’une rigueur à tout prix. « Nous devons rebâtir notre souveraineté nationale et européenne » affirme le Président de la République. Une ambition qui s’étend à de nombreux secteurs désormais : alimentation, santé, transports, énergie, … La France devra poursuivre ses efforts.
  • « Inventer le monde d’après « doit amener à s’interroger sur notre modèle de société a déjà averti le Chef de l’Etat. Le grand plan Hôpital, annoncé par Olivier Véran, Ministre de la Santé, sera probablement la première pierre de cette reconstruction, et bien d’autres devront suivre.
  • Renforcer l’autorité européenne. Il faudra enfin poursuivre les efforts pour consolider la relation franco-allemandequi a fait un grand pas en début de semaine, avec l’accord bilatéral pour un emprunt de l’Union européenne de 500 milliards d’euros.

 

Quel Premier ministre pour remplacer Edouard Philippe ?

Après cette crise sanitaire, le Président de la République ne fera pas l’économie d’un grand remaniement ministériel, et d’un grand discours face aux Français pour dresser les grandes lignes de cette dernière partie de son mandat, et surtout pour sauver son quinquennat. Qui pourrait alors se substituer à Edouard Philippe pour garantir que tous ces chantiers seront menés à bien ? Se réinventer certes mais « en même temps » ne pas rompre avec les fondamentaux macroniens.

La liste impossible des premiers ministrables va donc agiter le microcosme politique.

Certains s’y voient déjà, depuis 2017, comme François Bayrou. D’autres évoquent la présence d’un grand ministère de l’écologie, qui pourrait être confié à Yannick Jadot. Ce dernier ne l’acceptera vraisemblablement en pensant à une candidature écolo-progressiste en 2022. D’autres veulent croire, que le prochain hôte de Matignon sera un fervent défenseur de la droite sociale, et les regards se tournent alors vers Xavier Bertrand talonné depuis quelques heures par son ancien disciple, Gérald Darmanin dans les colonnes du JDD ce dimanche 24 mai.  D’autres préféreraient un progressiste modéré, et c’est le nom du dernier Premier ministre de François Hollande, Bernard Cazeneuve, qui refait surface. On envisage aussi Florence Parly ou Jean-Yves le Drian pour assumer une certaine continuité à gauche. Plus à droite, le bon élève Bruno Le Maire pour le récompenser. On pense aussi à rappeler Nathalie Kosciuszko Morizet pour incarner et féminiser cet après ambitionné comme plus moderne, plus écolo et plus social. Et d’autres cherchent à s’inviter pour mieux se relancer comme Manuel Valls.

 

Le Président a besoin d’un praticien et non d’un tacticien.

Mais, toutes ces personnalités auraient pu véritablement y prétendre pour différentes raisons il y a encore six mois, soit une éternité. Aujourd’hui, il y a fort à parier que le Président devra aussi anticiper l’inévitable controverse autour de la gestion de la crise sanitaire. Le procès politico-médiatique à venir fera aussi partie de la feuille de route du locataire de Matignon.

Le Président a besoin d’un praticien et non d’un tacticien. Alors qui sauvera le soldat Macron ? Claude Malhuret ? Roselyne Bachelot ? Philippe Douste-Blazy ?

Faites vos jeux ! Car dans la majorité et surtout dans l’opposition, les élections présidentielles de 2022 sont déjà dans toutes les têtes !

Auteur(s): Xavier Azalbert pour FranceSoir


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