Elections municipales : les Verts bousculent le paysage

Elections municipales : les Verts bousculent le paysage

Publié le 28/06/2020 à 22:42 - Mise à jour à 22:51
© Olivier CHASSIGNOLE / AFP
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Auteur(s): FranceSoir

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Le maire de Grenoble ne sera plus le seul premier magistrat écologiste d’une ville de plus de 100000 habitants. Le deuxième tour de ces élections municipales, avec des victoires d’Europe écologie les Verts à Lyon, Bordeaux ou encore Strasbourg, s’inscrit dans un élan écologique qu’Emmanuel Macron ne pourra pas ignorer. 
 
Anne Hidalgo réélue sans grande surprise maire de Paris après son alliance avec l’écologiste David Belliard, c’est du côté de la province que tous les regards étaient tournés. Les Verts allaient-il réussir à prendre des villes comme Lyon ? 
 
Coup double à Lyon
 
Mieux que cela pour les écologistes du côté de la capitale des Gaules ! Alors que dans le neuvième secteur, le maire sortant et ancien ministre de l’intérieur Gérard Collomb prenait littéralement le bouillon face à la jeune ingénieure de 28 ans Camille Augey, la victoire de la liste EELV (alliée avec le PS, le PCF et LFI) se dessinait rapidement. Elle fut large. 
 
Avec plus de 52 % des suffrages Grégory Doucet, 46 ans, sera le nouveau maire de Lyon. Et le coup est double puisqu’un peu plus tard dans la soirée, c’est l’écologiste Bruno Bernard qui annonçait sa victoire à la métropole de Lyon face à l’actuel président David Kimelfed et au Républicain François-Noël Buffet, soutenu par Gérard Collomb. C’est une page qui se tourne à Lyon, mais la ville lumière une exception. 
 
Coup de théâtre à Bordeaux
 
L’énorme surprise est venue de Bordeaux, ville traditionnellement de droite, qui vire au vert face à un front LR-LREM. Très implanté dans la vie locale, Pierre Hurmic a contre toute attente battu le dauphin d’Alain Juppé et maire depuis le départ de ce dernier pour le conseil constitutionnel, Nicolas Florian. L’écologiste à la tête d’une alliance de gauche n’a finalement pas pâti du maintien de Philippe Poutou. 
 
A Strasbourg les jeux étaient très loin d’être faits, dans une triangulaire opposant EELV, le PS de Catherine Trautmann et la LREM (alliée à la droite) d’Alain Fontanel. La nouvelle maire s’appelle Jeanne Barseghian, elle a 39 ans et son visage était quasiment inconnu du grand public avant qu’elle ne prenne la tête de la liste « Strasbourg écolo et citoyenne ». 
 
Fins de règne
 
C’est une caractéristique de beaucoup de ces élus écologistes : ils incarnent un renouveau politique remarqué par le député européen EELV David Cormand sur le plateau de France Info :
 
« Une nouvelle génération d’écologistes qui correspond à la génération climat »
 
Ainsi à Poitiers, l’écologiste Léonore Moncond’Huy a laissé le maire sortant Alain Claeys dix points derrière elle (44 % contre 34%) et le candidat LREM Anthony Brottier encore plus loin (22%). Maire depuis 2008, le routard de la politique laisse sa place à une jeune femme de 30 ans. 
 
A Tours, Emmanuel Denis, 49 ans, n’est pas né de la dernière pluie politique. Cette figure locale a réuni une large alliance pour gagner son pari : battre le maire radical Christophe Bouchet
 
Autre maire battu par un candidat écologiste (mais non EELV), Jean-Luc Rigaut (UDI) à Annecy. Et c’est là encore une surprise. Malgré son alliance avec la députée LREM dissidente Frédérique Lardet, il cède son fauteuil à François Astorg avec… 27 voix d’écart. 
 
D’autres victoires vertes étaient plus attendues. A Besançon, Anne Vignot, 40 ans, jusqu’alors conseillère municipale d’opposition, a effectivement gagné son pari. 
 
Lille : le vent du boulet
 
En début de soirée électorale, le coup de tonnerre était venu de Lille, où les instituts de sondage annonçaient la victoire de Stéphane Baly face à Martine Aubry. La maire s’est finalement révélée indétrônable après trois mandats pour 227 voix ! 
 
Prenant la parole à l’issue de la proclamation des résultats, Martine Aubry n’a pas manqué de remarquer :
 
« J’ai entendu plus fort encore le message porté partout en France sur la nécessité de la transitions écologique »
 
Il faut dire qu’hier soir, nombre de ténors de la politique, et de membres du gouvernement interrogés sur les plateaux télé, étaient animés d’une fibre écologique, oubliant au passage les alliances parfois contre nature nouées pour « faire barrage » aux candidats EELV. 
 
Après la vague verte de ces élections, une chose est sûre : ce lundi, les membres de la Convention citoyenne pour le climat arriveront en force devant le président de la République, avec  certainement plus de poids pour leurs 149 propositions. 

Auteur(s): FranceSoir


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