Elections régionales: score historique du Front national, aux alentours de 30% (SYNTHESE)

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 06 décembre 2015 - 23:30
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Marine Le Pen Régionales 06.12.2015
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©Michel Spingler/AP/Sipa
Le parti de Marine Le Pen a réalisé une percée historique au 1er tour des élections régionales, ce dimanche 6.
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Après avoir déjà réalisé une percée spectaculaire en pourcentage lors des européennes de 2014 (24,9%) puis aux départementales de mars (25,2%), deux records consécutifs, le Front national a encore progressé dimanche, crédité d'environ 30% des suffrages au premier tour des élections régionales, dernier scrutin avant l'élection présidentielle de 2017.

Le Front national a réalisé une nouvelle percée historique dimanche au 1er tour des élections régionales, avec un score national proche des 30% et une première position dans six régions, dans un pays encore sous le choc des attentats du 13 novembre.

Le parti de Marine Le Pen devance la droite et le PS. Pour la présidente du FN, Marine Le Pen, le parti d'extrême droite a désormais "vocation à réaliser l'unité nationale dont le pays a besoin".

Comme le prévoyaient plusieurs sondages, ses listes arrivent en tête dans six des 13 régions métropolitaines nées de la réforme territoriale: Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes, Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, Bourgogne-Franche-Comté, Centre.

Dans une septième, la Normandie, la liste de droite d'Hervé Morin est arrivée première, d'une courte tête, avec 27,91%, devant la liste FN de Nicolas Bay, 27,71%, soit un écart de quelque 2.000 voix sur plus d'un million de votants. Une région très disputée puisque la liste PS de Nicolas Mayer-Rossignol a recueilli 23,52% des suffrages, selon les résultats définitifs de ministère de l'Intérieur.

Comme attendu, la question du retrait ou du maintien des listes arrivées en 3e position à l'issue du 1er tour, dans les régions où le FN peut l'emporter en triangulaires, a donc dominé les débats dimanche soir. Des décisions difficiles à prendre, le retrait d'une liste signifiant pour un parti de n'avoir aucun élu au conseil régional pendant près de six ans.

Face au FN, Nicolas Sarkozy a exclu d'emblée tout rapprochement avec la gauche dimanche prochain. Le mot d'ordre du président des Républicains: ni fusion avec la gauche, ni retrait face au FN pour le second tour.

A l'inverse, le Premier secrétaire du PS, Christophe Cambadélis, a appelé toutes les listes de gauche arrivées derrière la droite à un "sacrifice", c'est à dire à un retrait au second tour. "Dans les régions à risque FN où la gauche ne devance pas la droite, le PS décide de faire barrage républicain", notamment dans les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et Nord-Pas-de-Calais-Picardie (NPDCP), a-t-il dit en fin de soirée, à l'issue d'un bureau national exceptionnel du PS.

En NPDCP, Marine Le Pen devrait dépasser les 40%, selon plusieurs instituts de sondage, devant les listes des candidats LR Xavier Bertrand (autour de 24%) et PS Pierre de Saintignon nettement sous les 20%.

En PACA, sa nièce Marion Maréchal-Le Pen dépasserait également la barre des 40%, avec selon Ipsos 41,2%, loin devant le maire de Nice Christian Estrosi 26% et le socialiste Christophe Castaner (15,8%).

Dans ces deux régions, les deux héritières de Jean-Marie Le Pen sont en nette position de force pour le second tour.

Florian Philippot est donné en tête avec 35% des voix pour sa liste en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes, près de dix points devant Philippe Richert (LR-UDI-Modem) avec 26% et le PS très loin à 16,7%, selon Ipsos.

Le compagnon de Mme Le Pen, Louis Aliot, arrive lui aussi en tête avec 30,9% en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, plus de cinq points devant Carole Delga (PS, 25,5%), le candidat LR Dominique Reynié se retrouvant en position de retrait à 18,6%.

En Bourgogne-Franche-Comté, Sophie Montel voit sa liste arriver en tête avec 32,2% devant la droite de François Sauvadet (24,2%) et le PS (21,7%). Enfin, en région Centre, le FN est premier avec 30,5%, devant la droite à 25,8% et le PS à 24,5%.

Après avoir déjà réalisé une percée spectaculaire en pourcentage lors des européennes de 2014 (24,9%) puis aux départementales de mars (25,2%), deux records consécutifs, le FN atteind donc une nouvelle marque maximale, moins d'un an et demi avant la présidentielle de 2017.

Au niveau national, les différents instituts créditaient dimanche soir  le parti de Marine Le Pen d'entre 27,2 et 30,3%, devant les Républicains-UDI-Modem (27% à 27,4%) et le PS et ses alliés (22,7% à 24%) mais qui dispose de davantage de réserves de voix, selon des estimations publiées à 20H30. EELV et ses alliés atteignent 6,6 à 6,8% des voix, le Front de gauche 3,7 à 4%. A droite Debout la France est entre 3,5 à 3,9%.

La droite a vu ses rêves de "vague bleue" s'évaporer au profit du FN.

En Ile-de France, première région de France, l'avance de Valérie Pécresse (LR) est moins importante que prévu avec, selon les sondages, près de 31% des suffrages face au socialiste claude Bartolone dont le résultat est meilleur qu'annoncé (25,5% environ). Quant au FN, il est loin de son score national et de ses espoirs avec autour de 19%.

A droite, en Rhône-Alpes-Auvergne, les Républicains emmenés par Laurent Wauquiez seraient nettement en tête à 32,1%, devant le FN à 24,8% et le PS à 24,2%, selon Ipsos. En Normandie, l'avance de la droite sur le FN est bien moindre: l'ancien ministre centriste Hervé Morin est créditée de 28,8%, devant le FN de Nicolas Bay (27,2%) et le PS à 23,3%, selon Ipsos.

L'UDI, allié centriste des Républicains, a appelé par la voix de Jean-Christophe Lagarde "partout où le FN peut gagner" au "retrait des listes en troisième position". François Bayrou, président du moDem, a appelé au retrait "pur et simple" de toutes les listes arrivées troisième.

Le spectaculaire sursaut de popularité de François Hollande au lendemain des attentats ne s'est donc pas traduit dans les urnes dimanche soir, comme les appels à la mobilisation contre le FN des syndicats, du patronat ou de la presse locale dans le Nord de la France, sont restés sans effets.

Du côté de l'exécutif, le porte-parole du gouvernement et proche de François Hollande, Stéphane Le Foll, a tenté de se rassurer, sans convaincre complètement, en notant que "le total de la gauche en fait le premier parti de France" si l'on additionne toutes les voix de gauche, en parvenant selon lui à 36%.

Le PS confirme son statut de favori en Bretagne, malgré la campagne en pointillé de la tête de liste Jean-Yves Le Drian, assuré s'il s'impose de rester ministre de la Défense. Selon Ipsos, PS 34,7% LR 22,4% et FN 18%

En Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Alain Rousset (PS) est créditée de 31,5%, nettement devant la liste de droite de Virginie Calmels (25,9%) et le FN (22,8%).

Côté abstention, selon les projections publiées par cinq instituts de sondages publiées en fin d'après-midi, l'abstention devrait s'établir à la clôture du scrutin entre 49% et 49,8%, soit près de quatre points de moins qu'au premier tour des régionales de 2010 (53,6%).