Emplois présumés fictifs au FN: un ancien assistant prêt à témoigner

Emplois présumés fictifs au FN: un ancien assistant prêt à témoigner

Publié le :

Mardi 10 Juillet 2018 - 11:41

Mise à jour :

Mardi 10 Juillet 2018 - 12:02
Mickaël Ehrminger, ancien salarié du Front national et ex-assistant parlementaire du député européen Florian Philippot a fait part de son intention de témoigner sur son expérience de collaborateur européen œuvrant pour le FN sur son temps de travail au Parlement européen. L'homme dénonce également des pressions.
© FREDERICK FLORIN / AFP/Archives
PARTAGER :

La rédaction de France-Soir

-A +A

Il est le témoin qui pourrait accabler le Rassemblement national (RN – ex-Front national) dans l'affaire des emplois présumés fictifs d'assistants parlementaires au Parlement européen. Mickaël Ehrminger, ancien assistant du député européen Florian Philippot (qui est depuis parti fonder Les Patriotes) a en effet demandé à être entendu par l'Office européen de lutte anti-fraude (Olaf). Le jeune homme a expliqué à l'AFP qu'il souhaitait dévoiler la manière dont, en tant qu'assistant parlementaire et donc rémunéré par les autorités européennes, il réalisait sur son temps de travail des missions pour le compte du Front national. Une pratique qui s'apparente donc à un emploi fictif et à du détournement de fonds.

Mickaël Ehrminger n'a été assistant que de septembre à décembre 2016 de Florian Philippot, à mi-temps, l'après-midi. Le matin, il occupait un autre poste à mi-temps pour le Front national. Rien d'illégal jusque-là. Sauf que les missions de l'après-midi ressemblaient à s'y méprendre à celles du matin, le salarié expliquant qu'elles se cantonnaient notamment à l'organisation d'événements pour la campagne présidentielle de 2017. Aucun lien avec le travail dans l'hémicycle européen de Florian Philippot donc.

Lire aussi - Emplois fictifs présumés du FN: plusieurs nouvelles mises en examen, dont Nicolas Bay 

Il explique avoir été indigné par la lettre ouverte de Marine Le Pen qui assure que le dossier est "vide" et les faits "nullement établis". Il a publié sur Twitter des éléments sur son témoignage expliquant avoir été traité de "mythomane" par la présidente du parti. Il conteste les suspicions sur son état de santé mental qui joueraient sur statut de travailleur handicapé, assurant que "(s)on handicap est moteur et n'affecte en rien (s)es capacités intellectuelles".

En décembre 2016, Mickaël Ehrminger a été embauché à plein temps par le Front national et a quitté le parti à l'issue de la campagne en 2017. L'homme s'est déjà fait connaitre dans le cadre d'une autre affaire touchant le parti d'extrême droite: il est l'un des trois salariés du FN ayant porté plainte contre le député du Pas-de-Calais Bruno Bilde pour harcèlement sexuel.

Mickaël Ehrminger était officiellement employé comme assistant parlementaire.


Commentaires

-