Fiché S ayant participé à la campagne de Mahjoubi: "nous n'avions aucun moyen de vérifier" se défend son entourage

Fiché S ayant participé à la campagne de Mahjoubi: "nous n'avions aucun moyen de vérifier" se défend son entourage

Publié le :

Jeudi 18 Janvier 2018 - 17:50

Mise à jour :

Jeudi 18 Janvier 2018 - 19:00
© JOEL SAGET / AFP/Archives
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MM avec PP

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Selon le journal "Le Point", un individu fiché S aurait fait campagne pour l'actuel secrétaire d'Etat chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi, aux dernières législatives de juin 2017. Contacté par "France-Soir", son entourage ne remet pas en cause les informations de l'hebdomadaire mais insiste: "nous n'avions aucun moyen de vérifier qu'il était fiché S ou même condamné".

L'information a été massivement reprise par la fachosphère dès ce jeudi 18. Selon Le Point, l'actuel secrétaire d'Etat chargé du Numérique Mounir Mahjoubi (LREM) aurait fait campagne aux côtés d'un individu présenté comme fiché S lors des dernières législatives dans le 19e arrondissement de la capitale.

L'hebdomadaire souligne que l'individu ferait l'objet d'une surveillance de la part de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour être "en lien avec la mouvance islamiste radicale susceptible de se déplacer en France et à l’étranger". Le premier signalement daterait de 1995.

"L’Elysée, averti, a demandé à Mahjoubi d’écarter le militant de ce quartier où les frères Kouachi, notamment, ont fait leurs classes. Le secrétaire d’Etat nous précise que si cet homme distribuait bien des tracts, il n’appartenait pas à son staff", avance Le Point qui ajoute que l'homme continuerait à "organiser toujours des réunions pour le parti présidentiel dans un autre arrondissement de la capitale".

Contacté par France-Soir, Benjamin Baudry, directeur de la campagne des législatives de Mounir Mahjoubi, rappelle que l'individu n'était "pas dans l'organigramme de la campagne et n'a pas participé à la direction de cette dernière". Et d'expliquer: "Je l'ai vu plusieurs fois comme j'ai vu beaucoup de gens car il est venu à des évènements militants publics annoncés sur les réseaux sociaux".

"Il a effectivement participé à quelques distributions de tracts et à un pique-nique organisé aux Buttes-Chaumont comme l'atteste la photo de l'hebdomadaire", reconnaît Benjamin Baudry. Il assure par ailleurs qu'"il ne met pas en doute les informations du Point mais nous n'avions aucun moyen de vérifier qu'il était fiché S ou même condamné". Et pour cause: "nous n'avons pas accès au casier des gens ni aux fiches S!".

Autre élément mis en avant par Le Point: l'homme continuerait à organiser des réunions pour LREM dans un autre arrondissement de la capitale. Cette fois, Benjamin Baudry est catégorique et assure que "à (sa) connaissance ce n'est pas le cas". Puis de détailler: "Je connais les responsables de Paris et cet homme n'est dans aucun organigramme, n'a aucune responsabilité. Après peut-être qu'il organise des réunions dans sa cage d'escalier en se réclamant du parti, tout le monde peut le faire, mais il n'a aucun rôle officiel et n'est pas militant ça j'en suis sûr". 

Lire aussi - Qu'est-ce qu'une "fiche S"?

Les fiches S sont principalement émises par la DGSI et ne sont communiquées qu'aux services de sécurité de l'Etat et sont placés sous le sceau du secret-défense. Dans ce fichier n'apparaissent pas uniquement des individus ayant des liens avec la mouvance islamiste mais l'ensemble des personnes susceptibles de porter atteinte à la sûreté de l'Etat.

Le site Stop-Djihadisme précise que "La fiche S n’est pas une preuve de culpabilité. Seules les informations recueillies par son biais, si elles font présumer l’existence d’une infraction, peuvent conduire le procureur à ouvrir une enquête préliminaire, puis éventuellement une information judiciaire. De plus, si la fiche S sert à retracer les déplacements des personnes concernées, elle ne signifie pas que celles-ci sont suivies en permanence". 

"L’Elysée, averti, a demandé à Mahjoubi d’écarter le militant de ce quartier où les frères Kouachi, notamment, ont fait leurs classes", selon "Le Point".

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