François Hollande à mi-mandat: les couacs de communication

François Hollande à mi-mandat: les couacs de communication

Publié le :

Mercredi 05 Novembre 2014 - 10:50

Mise à jour :

Jeudi 06 Novembre 2014 - 18:08
Les couacs de communication ne sont pas réservés aux membres du gouvernement, François Hollande est également touché par ces soucis et incohérences dans le discours officiel.
©Hazir Reka/Reuters
PARTAGER :

Maxime Macé

-A +A

Synonyme, peut-être, d'une présidence qui se veut "normale", les problèmes liés à la communication du président de la République et de son gouvernement sont devenus la marque de fabrique du mandat de François Hollande. Retour sur ces fautes plus ou moins importantes.

Le 18 septembre 2013, le couple exécutif Hollande/Ayrault s’emmêle les pinceaux. Face à la montée en puissance du "ras-le-bol fiscal", François Hollande annonce fin août dans Le Monde une "pause fiscale" pour 2014. Sauf que, quelques jours plus tard, Jean-Marc Ayrault annonce dans un entretien à Metronews que cette "pause fiscale" ne sera effective qu'en 2015. Ces annonces contradictoires sur un sujet aussi sensible que la fiscalité portent un rude coup à la crédibilité de l'exécutif.

L'Affaire Leonarda

Quelques jours après l’expulsion contestée de la jeune Kosovare Leonarda Dibrani, le 19 octobre 2013, et face à la montée de la contestation lycéenne, François Hollande décide de s’exprimer à la télévision pour déminer la situation. Mais en proposant à la jeune Rom de revenir seule en France, sans sa famille, le président ajoute au trouble. A tel point que les critiques fusent jusqu’au sein même du Parti socialiste, dont le premier secrétaire, Harlem Désir, va jusqu’à contredire François Hollande, persuadé qu'il pourra obtenir de lui un retour de tous les enfants Dibrani et de leur mère. Quant à la principale intéressée, elle rejette sans ménagement la proposition présidentielle: "je ne reviendrai jamais sans ma famille".

Deux semaines après la révélation de sa liaison avec l'actrice Julie Gayet, le 25 janvier 2014, François Hollande annonce, dans un bref communiqué à l'AFP, avoir "mis fin à la vie commune qu'(il) partageait avec Valérie Trierweiler", à la veille du départ de celle-ci pour un déplacement humanitaire en Inde. S'il s'agit bien d'une décision personnelle du chef de l'Etat, la forme sera abondamment critiquée par la classe politique et sur les réseaux sociaux. "Les affaires privées se règlent en privé", avait dit François Hollande le 14 juillet 2012.

Les lunettes et la pluie

A la fin du mois de juin 2014, le président de la République porte une nouvelle paire de lunettes. Si cela paraît anodin, il n'en faudra pas plus pour déclencher une nouvelle polémique. En effet, la nouvelle monture arborée par le chef de l'Etat provient d'une entreprise danoise. Mécontents, les co-gérants de la société Roussilhe, basée à Treillières, au nord de Nantes, envoient, début juillet, une monture de leur catalogue accompagnée d'une lettre dans laquelle ils plaident pour le savoir-faire français, enjoignant le chef de l'Etat de devenir "l'ambassadeur de la lunetterie française".

François Hollande et la pluie, c'est une histoire qui se répète. Dès le jour de son investiture, le 15 mai 2012, il doit remonter les Champs-Elysées sous une forte averse. Stoïque, le président salue la foule sans fermer le toit ouvrant de sa voiture.  Le 6 juin de la même année, c'est sous des trombes d'eau qu'il se rend au cimetière militaire de Rainville lors des cérémonies du 68e anniversaire du Débarquement.

Le moment le plus marquant des ondées et de François Hollande se déroule le 25 août 2014. C'est sous une pluie battante qu'il prononce un discours à l'île de Sein. Le chef de l'Etat, ruisselant et lunettes embuées, rend ensuite hommage aux résistants sénans. Façon délibérée d'honorer le courage de ces hommes qui avaient rejoint le général de Gaulle en Angleterre en juin 1940, en faisant face, lui aussi, aux éléments déchaînés, sans se protéger. Une fois de plus, les réseaux sociaux épingleront cette attitude du président.

L'imbriglio Boko Haram

Dernier couac en date, l'affaire des lycéennes nigérianes enlevées par les islamistes de Boko Haram à la mi-avril 2014. L'armée nigériane a annoncé, le 17 octobre, être parvenue à un accord avec le groupe islamiste armé, prévoyant un cessez-le-feu et la libération de plus de 200 lycéennes. Information confirmée dans la journée par François Hollande qui annonce que "nous avons des informations qui laissent penser que ça pourrait venir dans les heures ou dans les jours qui suivent".  Malheureusement, aucun accord de libération n'a été trouvé avec Boko Haram, pas plus qu'un cessez-le-feu, les combats se poursuivant entre les armées camerounaises et nigérianes contre le groupe djihadistes.

Leonarda Dibrani et sa famille, à Mitrovica au Kosovo, après l'allocution télévisée de François Hollande le 19 octobre 2013.


Commentaires

-