La guerre Mélenchon-Laurent pour l'union de la gauche fait sa première victime: le droit du travail (et les travailleurs)

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La guerre Mélenchon-Laurent pour l'union de la gauche fait sa première victime: le droit du travail (et les travailleurs)

Publié le :

Lundi 18 Septembre 2017 - 10:15

Mise à jour :

Lundi 18 Septembre 2017 - 10:22
Dans la droite ligne des dernières semaines, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent ont passé ce week-end de Fête de l'Humanité à s'écharper plutôt qu'à travailler à une éventuelle union de leurs forces. Laissant les opposants à la loi Travail d'Emmanuel Macron ainsi que la gauche contestataire en générale orphelins d'un leader, et faisant le jeu d'Emmanuel Macron.
© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP/Archives
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Pierre Plottu

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Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent auraient pu figurer au casting d'Astérix chez les Corses d'Uderzo et Goscinny: ils sont en guerre tout le monde le sait, mais plus personne ne peut dire qui a "commencé". Le premier en enterrant le Front de gauche bien avant la présidentielle? Le second en tentant de récupérer à son compte la popularité de son camarade pour conserver la mainmise sur l'extrême gauche depuis le début dudit Front? Qu'importe, le résultat est là: la plus revendicative des deux gauches irréconciliables est en guerre avec elle-même. Une lutte de pouvoir -tant leurs bases respectives semblent prêtes à s'entendre- qui fait sa première victime d'envergure: la lutte contre la réforme du code du travail honnie de ce côté ci de l'échiquier politique.

Une majorité des Français (58%) sont opposés au plan Macron pour "moderniser" le code du travail, selon un sondage Viavoice pour Libération daté de ce lundi 18. Ils sont même plus nombreux encore à y voir un outil de précarisation, 68% estimant qu'il favorisera les licenciements et 60% augmentera la précarité tour court.

"Victoire!" pourrait crier la gauche, dont les sympathisants sont les plus critiques. De là à y voir un tremplin pour se remobiliser après une présidentielle où tous ses représentants ont échoué au premier tour, ou alors un terreau de grévistes et de manifestants potentiels de nature à faire plier l'exécutif, il y a toutefois un (grand) pas. Car plutôt que de mettre leurs forces en commun pour tenter de mobiliser les mécontents, le patron de la France insoumise et celui du PCF semblent plus occupés à se disputer le leadership d'une masse encore putative.

Cédant  à la tentation des piques et autres petites phrases, à l'image de ce week-end de Fête de l'Humanité au cours duquel leurs bisbilles ont largement alimenté la chronique, Mélenchon et Laurent semblent ainsi avoir fait le choix de tenter de "tuer" l'adversaire avant de développer leur assise dans l'opinion. Logique? Basique du moins, si l'on considère que la politique est une affaire de calculs. Jean-Luc Mélenchon ne répète-t-il pas à l'envie que si Hamon n'avait pas été candidat à la présidentielle il l'aurait emporté, présumant ainsi que les voix PS se seraient mathématiquement ajoutées aux siennes?

Le PC a déjà survécu, tant bien que mal, aux attaques du PS; survivra-t-il à celles de la France insoumise? L'avenir le dira. Tout comme il permettra de savoir si le choix stratégique de Mélenchon était le bon. En attendant, la lutte contre la loi Travail d'Emmanuel Macron est orpheline d'un leadership politique qui laisse aux syndicats seuls -et divisés- le soin de mener la bataille. Un point faible que le nouveau président semble bien avoir identifié et être déterminé à exploiter, tant il a multiplié et fait multiplier les annonces de réformes. Et promis qu'elles se feraient rapidement.

Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent se sont écharpés par médias interposés tout le long de ce week-end de Fête de l'Humanité.

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