Gérard Collomb critique vertement Emmanuel Macron

Gérard Collomb critique vertement Emmanuel Macron

Publié le :

Mardi 25 Septembre 2018 - 10:28

Mise à jour :

Mardi 25 Septembre 2018 - 10:34
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a formulé en petit comité de nouvelles critiques à l'égard du président Macron et l'action du gouvernement. Cela même alors qu'il a annoncé sa démission et devrait briguer la mairie de Lyon aux municipales.
© ludovic MARIN / AFP
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La rédaction de France-Soir

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Le ministère de l'Intérieur tente désespérément de minimiser la sortie médiatique du locataire de la place Beauvau. Pour autant, il semble toutefois que le mal soit fait. Dans un long article particulièrement détaillé, La Dépêche du Midi a raconté par le menu un déjeuner organisé par Gérard Collomb avec des journalistes où le futur candidat à la mairie de Lyon s'est livré à une critique en règle de l'exercice du pouvoir d'Emmanuel Macron.

"Les provinciaux, et j'en suis, ont déjà une tendance naturelle à considérer que les Parisiens ont la grosse tête et les snobent, or des expressions comme la nouvelle grammaire de la politique ou la «start-up nation», ils ne s'y reconnaissent pas", a notamment expliqué Gérard Collomb selon le quotidien.

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Quat à savoir si le ministre a été en mesure d'en parler au chef de l'Etat, il répond: "Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir encore lui parler. Ceux qui parlent franchement à Macron sont ceux qui étaient là dès le début: Ferrand, Castaner, Griveaux et moi..." . Et de poursuivre: "D'ailleurs, il va finir par ne plus me supporter. Mais si tout le monde se prosterne devant lui, il finira par s'isoler, car par nature l'Élysée isole".

Au-delà de la critique de l'exercice du pouvoir jupitérien, Gérard Collomb a également tancé des mesures prises par le gouvernement. "Je regrette que nos relations avec les collectivités locales se soient dégradées alors que nous avons pris des mesures qui auraient dû les satisfaire. On a fait une campagne sur le pacte girondin, il serait urgent de renouer avec cette promesse", s'est-il désolé. Et de poursuivre: "On n’a pas bien traité un certain nombre de problèmes, comme l’accueil des mineurs isolés, le 80 km/h".

La sortie médiatique du ministre de l'Intérieur a provoqué un certain tollé dans la presse. Si bien que la place Beauvau s'est fendu d'un communiqué pour rappeler la loyauté du ministre à son président. "Gérard Collomb n'a jamais cessé d'être loyal au Président, tout en faisant preuve avec lui en privé d'une franchise qui a toujours caractérisé leur relation", a fait valoir le ministère.

Une semaine après ce déjeuner, l'ancien maire de Lyon a annoncé dans une interview à L'Express qu'il quitterait la place Beauvau après les européennes de juin 2019 pour se lancer dans la campagne pour la mairie de Lyon en 2020.

Une annonce anticipée de départ qui est venue compliquer encore un peu plus la rentrée difficile d'Emmanuel Macron et a interrogé sur les liens entre le chef de l'Etat et un ministre censé être parmi ses plus proches soutiens. On pourrait y voir une volonté d'aller à la rupture avec Emmanuel Macron pour flatter son électorat lyonnais et l'assurer de son engagement pour la ville qu'il a dirigé pendant 16 ans et dont il briguera de nouveau le poste très probablement sous la bannière du parti de la majorité.

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