La campagne en chemin de croix de Fillon, englué dans un scandale

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La campagne en chemin de croix de Fillon, englué dans un scandale

Publié le 18/02/2017 à 09:21 - Mise à jour à 14:34
© Philippe HUGUEN / AFP
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Auteur(s): Par AFP

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Trois semaines après les révélations sur des emplois présumés fictifs visant sa femme, François Fillon veut aller jusqu'au bout quoi qu'il arrive, malgré une campagne qui prend l'allure d'un chemin de croix.

Adoubé triomphalement lors de la primaire de la droite fin novembre, qui a réuni plus de 4 millions de votants, François Fillon se trouve en difficulté.

La justice a affirmé jeudi qu'elle ne s'acheminait pas "en l'état" vers un classement sans suite de l'affaire visant deux de ses enfants et sa femme Penelope. Celle-ci est soupçonnée d'avoir été rémunérée comme sa collaboratrice parlementaire sans avoir réellement travaillé et d'avoir occupé également un emploi fictif à la Revue des Deux Mondes.

Le candidat de la droite a beau tenter aujourd'hui d'évacuer l'affaire en affirmant s'en remettre "au seul jugement des urnes", faute selon lui de légitimité du Parquet national financier qui s'est saisi de l'affaire, sa campagne n'en finit pas de se heurter au scandale.

Articles de presse, questions gênantes, happenings avec casseroles qui s'invitent à l'entrée de ses meetings ou de ses déplacements font son quotidien.

Une campagne "largement parasitée", selon les mots de son porte-parole Thierry Solère.

Difficile de recentrer l'attention sur son programme.

"Dès qu'on aborde le nom du candidat de la droite, non seulement des gens manifestent leur hostilité, mais en plus leur ironie. Les gens éclatent de rire, les gens n'écoutent plus rien, on ne peut plus parler, et ça ce n'est pas bon pour la démocratie", a même regretté Jean-Luc Mélenchon à l'extrême gauche.

Quand à François Hollande il a prôné l'air de rien "l'exemplarité" au sommet de l'Etat.

- 'Je suis votre chef' -

Confronté à une fronde des parlementaires, dont certains remontent désespérés du terrain, François Fillon est allé voir Nicolas Sarkozy, celui-là même dont il avait mis en cause la probité au début de la campagne de la primaire de la droite.

Il a remis sur la table une proposition choc de l'ancien président, sur la majorité pénale à 16 ans, conduisant la gauche à lui reprocher de vouloir faire "diversion".

Un soutien à Emmanuel Macron voit chez Fillon "une logique à la Jim Jones (gourou de la secte du Temple du Peuple qui avait abouti à plus de 900 suicides collectifs en 1978, ndlr)", sur le mode +Je suis votre chef, suivez-moi et je vais m'immoler par le feu+".

Malgré l'échec d'une quinzaine d'élus à forcer la droite à changer de candidat, emmenés par le sarkozyste Georges Fenech, "certains députés comptent maintenant sur la justice pour faire le sale boulot", glisse une source parlementaire LR.

Les coups viennent aussi du centre.

Dans les starting blocks, prêt à se lancer dans une quatrième candidature à la présidentielle, François Bayrou ne cesse de lui taper dessus, lui demandant même carrément de se retirer.

Il a accusé François Fillon d'être "sous l'influence des puissances d'argent", en allusion à Axa, qui a fait partie des clients de sa société de conseil (2F). L'ex-PDG d'Axa Henri de Castries est par ailleurs un proche du candidat et a officialisé son soutien mi-janvier.

Le président du MoDem, allié malheureux d'Alain Juppé pour la primaire, indiquera d'ici à la fin de semaine prochaine s'il est ou non candidat.

Mais, souligne Emmanuel Rivière, directeur général France de Kantar Public (Sofres), toutes ces difficultés ne signifient pas pour autant qu'il faille déjà enterrer les chances du député de Paris d'entrer à l'Elysée.

"Ce n'est pas parce que Fillon a employé ses proches dans des conditions qui ne donnent pas satisfaction que pour autant on va aller voter FN ou à gauche quand on est un électeur de droite un peu âgé, donc assez allergique au FN et par ailleurs à François Bayrou", souligne-t-il.

Auteur(s): Par AFP


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François Fillon, candidat de la droite à la présidentielle, lors d'un meeting à Tourcoing, le 17 février 2017

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