La police de sécurité du quotidien peut-elle renouer le lien ?

La police de sécurité du quotidien peut-elle renouer le lien ?

Publié le 16/07/2020 à 14:24 - Mise à jour à 14:41
© LOIC VENANCE / AFP/Archives
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Auteur(s): FranceSoir

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Territoires, vie quotidienne des Français, proximité… Jean Castex n’a pas cessé de marteler ces mots mercredi lors de son discours de politique générale. Cette volonté de « local », le premier ministre la place aussi sur le terrain de la sécurité puisqu’il annonce, notamment, un « déploiement plus fort de la police de sécurité du quotidien ». 
 
La phrase est vague tant en terme de calendrier que de fonctionnaires déployés dans ce dispositif. Où en est-on aujourd’hui deux ans et demi après le lancement de la PSQ, la Police de sécurité du quotidien ? 
 
On l’a souvent comparée à la police de proximité, disparue sous l’ère Sarkozy, et que beaucoup aujourd’hui, élus locaux comme associations, rappellent de leurs vœux, en particulier pour renouer le lien de confiance entre la police et la population. 
 
Des hommes et des outils
 
En présentant la PSQ, Emmanuel Macron avait parlé de « retisser avec les associations, les élus locaux des formes d’actions rénovées ». Promettant la création de 10 000 postes de policiers et gendarmes d’ici la fin du quinquennat, entendait « recentrer le travail des forces de sécurité sur leur cœur de métier, la protection de la population » et leur permettre de mieux s’intégrer dans le tissu social.
 
Le projet prévoyait donc – et prévoit toujours – l’embauche de personnels chargés des tâches administratives, des patrouilles conjointes avec les polices municipales, la création de cellules spécialisées dans la lutte contre les trafics et la radicalisation, ou encore le développement d’outils numériques destinés à simplifier la vie des usagers. 
 
Des outils de signalement en ligne, à l’image de la plateforme Perceval pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes ou du bridage numérique de la gendarmerie nationale. 
 
Un bilan mitigé
 
Mais à part ça ? Le bilan 2019 du dispositif dressé par le ministre Christophe Castaner mettait en avant « les promesses tenues » : lancement de quinze « quartiers de reconquête républicaine », création de 2000 postes de policiers, gendarmes et agents de renseignement, budget supplémentaire de 253 millions d’euros, etc. 
 
Sur le terrain pourtant, la vision est autre. Des maires par exemple, dont les villes ont été dotées de ces fameux quartiers de reconquête républicaine, expliquent que le dispositif « se limitent à des effectifs supplémentaires », comme l’expliquait le premier magistrat de Saint-Etienne au Monde début juin. 
 
La ville de Saint-Etienne a vu arriver quinze nouveaux agents, dont quatre se consacrent aux trafics de stupéfiants et onze aux trois quartiers de reconquête républicaine de la ville. Ce que regrette le maire Gaël Perdriau, c’est une sorte « d’affichage ». 
 
Dans d’autres villes pourtant, on se réjouit de l’arrivée de la PSQ. Ainsi à Trappes dans les Yvelines où les quinze nouveaux policiers « sont en permanence en dialogue avec les jeunes, les commerçants, les habitants ». « J’ai beaucoup de retours positifs », explique le maire qui met également le succès du dispositif et une baisse de la délinquance de 10 à 15% sur le compte des partenariats noués entre la police nationale, la police municipale et les médiateurs de la ville. 
 
Un bilan mitigé donc, mais tous les acteurs, élus comme syndicats policiers, sont unanimes pour réclamer une formation adaptée, et tout particulièrement pour ceux qui seront affectés aux quartiers sensibles. 
 
Une dimension que le nouveau ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin devrait prendre en compte s’il veut une PSQ efficace. Mais Jean Castex, de son côté, veut aller vite. 
 

Auteur(s): FranceSoir


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