Laurent Fabius: "il y a un risque" que la Grande-Bretagne sorte de l'Union européenne

Laurent Fabius: "il y a un risque" que la Grande-Bretagne sorte de l'Union européenne

Publié le :

Jeudi 28 Mai 2015 - 09:02

Mise à jour :

Jeudi 28 Mai 2015 - 09:06
©Régis Duvignau/Reuters
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Pierre Plottu

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Laurent Fabius était l'invité de France Inter, ce jeudi matin. Le ministre des Affaires étrangères est notamment revenu sur la venue du Premier ministre britannique David Cameron à Paris, ce jeudi soir, qui tente de négocier des concessions pour éviter un "Brexit", ainsi que sur l'avancée des djihadistes de l'Etat islamique en Syrie et en Irak.

David Cameron veut réorienter l'Europe

"Le président le recevra, on va l'écouter d'abord. Il a lancé ce projet de référendum (sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, NDLR), c'est quelque chose de très risqué (…). Il y a un risque".

"Il faut que la Grande-Bretagne reste dans l'UE".

"Nous sommes pour simplifier l'Union, qu'elle puisse avoir de nouveaux projets en matière d'emploi, etc."

"(Nous sommes) ouverts à des améliorations, car tout le monde reconnaît qu'il y a des choses à améliorer, par exemple à simplifier".

"S'il s'agit de démembrer l'UE ce ne sera pas possible".

"La Grande-Bretagne certainement (aurait le plus à perdre d'une sortie de l'UE). Ce serait certainement négatif pour le Royaume-Uni, mais aussi pour l'Europe".

 

Les négociations sur le nucléaire iranien

"L'idée est de lutter contre la prolifération nucléaire. Dans cette négociation nous disons +oui+ au nucléaire civil pour l'Iran, qui y a parfaitement droit, mais +non+ à la bombe atomique".

"Si l'Iran a la bombe atomique, d'autres pays vont aussi s'en doter et dans une région aussi éruptive ce sera une catastrophe".

"La question de la vérification reste à négocier. Le meilleur accord du monde, si on ne peut pas le vérifier…".

"La France est une puissance de paix et veut un accord, mais qui soit robuste. S'il n'est pas robuste, les autres pays de la région vont se doter de l'arme nucléaire, que ce soit la Turquie, l'Egypte, l'Arabie saoudite ou d'autres. Et on aura alors un Moyen-Orient qui sera rempli de nucléaire".

 

Face à l'avancée des djihadistes de l'Etat islamique, faut-il se rapprocher de l'Iran?

"Il est urgent de trouver une solution politique. Daech (l'acronyme arabe désignant l'Etat islamique, NDLR) est un mal absolu contre lequel il faut lutter, mais cela nécessite que, politiquement, l'ensemble du pays (l'Irak, NDLR) soit rassemblé. Si on a un gouvernement qui fait la part belle aux chiites et ostracise les sunnites, (ceux-ci) ne voudront pas lutter contre Daech".

"C'est la même chose en Syrie où on a besoin d'une solution avec des éléments du régime, mais sans Bachar al-Assad, et l'opposition".

"Nous discutons avec les uns et les autres, avec les Russes aussi, car on a besoin d'une solution politique".

 

La COP21 (conférence climat organisée fin décembre à Paris, NDLR) financée par des champions de la pollution?

"Non. La COP21 est extrêmement importante, l'objectif est d'éviter la catastrophe climatique".

"Evidement cela a un coût d'organisation, 170 millions d'euros. On a souhaité que les entreprises, certaines d'entre elles, puissent contribuer. Il n'est pas question que ce soit des entreprises hostiles à la résolution climatique".

"Un certain nombre ont  été acceptées, un certains nombre d'autres ont été refusées. Il faut bien surveiller que ces entreprises s'engagent véritablement pour le climat. C'est le cas".

"Prenons un exemple: Renault-Nissan qui produit la moitié des véhicules électriques dans le monde et qui va fournir 200 de ces voitures".

"Il faut garder sa mesure et arriver à un bon accord. Il y a un climat positif mais il faut passer d'un bon contexte à un bon accord et c'est un travail gigantesque".

 

Les candidats français à l'Eurovision qui se "ridiculisent" chaque année

"Ça ne m'indiffère pas, je suis un spectateur. J'ai mis en perspective les résultats français au Festival de Cannes qui sont formidables, avec celles de l'Eurovision".

"Je ne veux pas me mêler de tout mais, si on participe, on le fasse dans des conditions permettant d'être dans les premiers rangs. Il faut que ceux qui organisent cela aient un examen de conscience".

"Ne pas paraître ringard?" lui demande Patrick Cohen: "Voilà, vous avez résumé les choses".

 

"Si l'Iran à la bombe atomique dans une région aussi éruptive ce sera une catastrophe", prévient Laurent Fabius.


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