Le Parquet national financier ouvre une enquête préliminaire contre Michel Mercier, soupçonné d'emploi fictif

Le Parquet national financier ouvre une enquête préliminaire contre Michel Mercier, soupçonné d'emploi fictif

Publié le :

Vendredi 04 Août 2017 - 13:30

Mise à jour :

Vendredi 04 Août 2017 - 13:36
© FRANCOIS GUILLOT / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Michel Mercier est soupçonné d'avoir employé sa fille comme assistante parlementaire alors qu'elle vivait à Londres. Le Parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire à son encontre le jour de sa nomination au Conseil constitutionnel, mercredi.

Tout juste nommé au Conseil constitutionnel, Michel Mercier a vu le Parquet national financier ouvrir mercredi 2 une enquête préliminaire à son encontre. L'ancien sénateur MoDem est soupçonné de s'être d'avoir employé fictivement l'une de ses filles, Delphine, comme attachée parlementaires au Sénat.

Le parquet, qui entend vérifier si l’emploi contesté est ou non fictif, a ordonné dès mercredi une enquête préliminaire pour "détournements de fonds publics". Le jour même où Michel Mercier passait devant la commission des Lois de la chambre haute du Parlement pour valider sa nomination rue Montpensier. Le journal Le Monde souligne que "sa bonhomie naturelle a si bien convaincu ses aimables collègues qu’ils ont approuvé sa nomination par 22 voix sur 29".

Le Canard enchaîné révélait mercredi que sa seconde fille, Delphine, avait occupé un poste d'attaché parlementaire entre 2012 et 2014. En épluchant son contrat de travail, l'hebdomadaire satirique a relevé des détails embarrassants pour le candidat à la rue de Montpensier. En effet, durant la période où elle exerçait son activité d'attaché parlementaire, elle vivait à Londres "alors que le lieu de travail indiqué est Paris", où elle occupait un poste de "responsable des collections d'ethnographies à l'University College London".

Cette spécialiste reconnue des "reliques textiles de Saint Thomas Becket conservées en France et Belgique" aurait effectué "effectué une veille sur les sujets qui (lui) sont familiers (culture, patrimoine, coopération) ainsi que des fiches condensées sur certains thèmes (culture, numérique, enseignement de l'histoire de l'art, différents points concernant la coopération, différents points concernant les musées, etc) pouvant donner lieu à des discussions pour développer le contenu de ces fiches".

En effet, Michel Mercier a précisé au journal qu'il avait justement employé sa fille "pour travailler sur des dossiers culturels", précisant avoir "fait venir (sa) fille pour (le) seconder dans (ses) fonctions à la commission de la Culture qu'(il) venai(t) d'intégrer". Et c'est là que le bât blesse car ce proche de François Bayrou siégeait alors çà la commission des Lois du Sénat et "n'est jamais intervenu en séance sur des questions culturelles".

Dans un premier communiqué, Michel Mercier a ensuite annoncé qu'il remettrait "les travaux réalisés par (sa) fille Delphine au Sénat afin de démontrer l’effectivité de l’emploi". "Un travail effectif a été réalisé, il n'y a donc pas en l'occurrence d'intention frauduleuse", a-t-il également souligné dans un communiqué ultérieur. Enfin l'ancien garde des Sceaux a annoncé qu'il déclarerait à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, dans le cadre de ses déclarations de situation patrimoniale et d’intérêt d’activités de fin de mandat, "les travaux effectués, le temps travaillé et les salaires perçus attestant ainsi de l’effectivité de l’emploi".

A noter que le parquet, qui avait obtenu une ordonnance pour réaliser une perquisition jeudi au Sénat, s'est vu présenté un "refus républicain" de la part de son président, Gérard Larcher. C'est lui-même qui a signé le 2 août le décret de nomination de l'ancien garde des sceaux au Conseil constitutionnel... Une attitude qui ne risque pas de favoriser la levée des soupçons qui pèsent sur Michel Mercier.

Michel Mercier a vu le Parquet national financier ouvrir mercredi 2 une enquête préliminaire à son encontre pour "détournements de fonds publics".


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