Législatives - Résultat du premier tour: les candidats de Macron largement en tête avec 32%, LR 2e (21%) devant le FN (14%)

Législatives - Résultat du premier tour: les candidats de Macron largement en tête avec 32%, LR 2e (21%) devant le FN (14%)

Publié le :

Dimanche 11 Juin 2017 - 19:39

Mise à jour :

Dimanche 11 Juin 2017 - 20:28
© CHARLY TRIBALLEAU / AFP/Archives
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Pierre Plottu

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Les électeurs ont largement voté en faveur des candidats d'Emmanuel Macron au premier tour des élections législatives de ce dimanche. Un résultat sans appel, qui reste bien entendu à confirmer au second tour, mais qui ne signifie pas un blanc-seing.

RESULTATS - Le premier tour des élections législatives de ce dimanche 11 a livré son verdict et, selon les premières estimations disponibles, Emmanuel Macron est bien parti pour rafler une très large majorité à l'Assemblée nationale. Ses candidats semblent ainsi en passe d'entrer en force au Palais Bourbon avec plus de 400 sièges. L'autre enseignement de ce dimanche de vote est l'effondrement de la gauche, alors que le PS (10%) ne rebondit pas après la présidentielle et que la France insoumise (11%) réalise une contre-performance. La droite perd des plumes mais résiste, tandis que l'extrême droite subit un sévère revers.

Totalisant près de 32% des voix au niveau national, LREM ressort ainsi bien comme le grand vainqueur d'un scrutin que tous les sondages lui prédisaient très favorable. Le tout nouveau parti du non moins récent président place ses candidats en tête dans de nombreuses circonscriptions, laissant présager qu'Emmanuel Macron soient bien à la tête d'une très large majorité à l'Assemblée au soir du second tour de dimanche 18. Certaines estimations anticipent ainsi de 390 et jusqu'à 430 députés de l'alliance LREM/MoDem au soir du second tour.

Mis à part dans le Sud-Est et, dans une moindre mesure, le Nord, les aspirants députés étiquetés aux couleurs du président repeignent la France aux couleurs de leur champion. LR, bénéficiant de 21,5% des suffrages environ, et le FN, 14%, peinent à résister mais peuvent toutefois entrevoir des résultats positifs.

Le parti de François Baroin pourrait ainsi garder une centaine de députés (de 85 à 125). Un score très faible au regard des habitudes de la formation mais qui fait figure de petit miracle au vu de la Bérézina que vit le PS notamment. Surtout, la droite républicaine devrait être -et de loin- la plus nombreuse dans l'Hémicycle derrière LREM au soir du second tour, la plaçant de faite dans la position d'incarner l'opposition.

Le Front national pour sa part subi une défaite bien réelle. Ayant récolté seulement 14% des voix (contre 21,3% au premier tour de la présidentielle le 23 avril dernier), le parti reste néanmoins troisième et semble toujours en mesure de faire entrer un certain nombre de députés à l'Assemblée. Le record de 1986 (35 élus) ne devrait certes pas tomber et la constitution d'un groupe, et donc l'obtention des moyens liés -notamment financiers-, ne semble pas à portée des troupes de Marine Le Pen (3 à 10 selon les projections). Mais attention, tout dépendra de la mobilisation des électeurs et des partis dans un certain nombre de circonscriptions. Le FN est ainsi parfois largement en tête au premier tour, il n'en reste pas moins dépendant des reports de voix et d'un "plafond de verre" encore bien réel. Mauvaise soirée pour le parti qui est le grand perdant du soir au vu du différentiel entre ce que lui promettaient les sondages et la réalité des urnes.

La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon réalise pour sa part une contre-performance porteuse d'espoir. Alors que le tribun rêvait d'incarner l'opposition à Emmanuel Macron en plaçant des dizaines de ses lieutenants au Palais Bourbon, ce chiffre pourrait se résumer à quelques unités seulement. Mais l'ancien sénateur PS semble bien parti pour être en capacité de former seul un groupe parlementaire au soir du second tour, avec des projections lui attribuant entre 11 et 21 sièges. Il réussirait ainsi son pari de s'affranchir du PC, snobé depuis des mois, et pourrait paraître séduisant à certains au PS, laminé et toujours tiraillé entre courants contraires.

Le PS justement. C'est le grand perdant de cette séquence électorale entamée avec la présidentielle et qui s'achèvera dimanche prochain avec la fin des législatives. Achever, c'est le mot: à la tête d'une majorité de plus de 300 députés au début du quinquennat Hollande, le si puissant PS n'est plus que l'ombre de lui-même et ne représente plus que 10% environ des voix au niveau national. Pourtant, conservant encore quelques fiefs, le parti évite les tréfonds annoncés (moins de 6% dans certains sondages) et devrait garder entre 20 et 35 élus. De quoi former un groupe, continuer à peser et tenter de voir venir?

A noter enfin l'abstention record qui a marqué ce dimanche de vote. A peine un Français sur deux s'est déplacé: un niveau si bas qu'il constitue un nouveau record à une élection législative sous la Ve République. Comme si une large partie des Français avaient fait le choix de ne pas choisir, de laisser à Emmanuel Macron le bénéfice d'une large majorité pour appliquer son programme, sans pour autant aller jusqu'à glisser un bulletin à ses couleurs dans l'urne. Et c'est peut-être là un autre des enseignements importants de ce premier tour.

Emmanuel Macron pourrait faire entrer des centaines de députés à l'Assemblée nationale à l'issue du second tour de dimanche prochain.

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