"L'Emission politique": Sarkozy ou l'art de se contredire (voire de mentir)

"L'Emission politique": Sarkozy ou l'art de se contredire (voire de mentir)

Publié le :

Vendredi 16 Septembre 2016 - 10:00

Mise à jour :

Vendredi 16 Septembre 2016 - 10:13
Contre la présomption d'innocence pour les fichés S, mais attaché à ce principe pour son cas personnel: Nicolas Sarkozy s'est livré à un numéro d'équilibriste, jeudi soir lors de "L'Emission politique". Un exercice réussi, mais qui ne cache pas des contradictions, voire même quelques contrevérités.
©LionelBonaventure/AFP
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Pierre Plottu

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Ce fut une grande première. L'Emission politique, nouveau programme de France Télévisions remplaçant Des Paroles et des actes, recevait Nicolas Sarkozy, jeudi 15 au soir, pour lancer sa série de programmes dédiés à la future présidentielle. En forme, l'ancien président y a inauguré le bal avec ses meilleurs pas de danse. Mais aussi quelques contradictions, à tout le moins.

Nicolas Sarkozy a ainsi affirmé jeudi vouloir mettre en "rétention administrative" tous les délinquants fichés S, pour atteinte à la sûreté de l'Etat, en vertu du "principe de précaution". Une impasse juridique qui serait illégale notamment car on ne peut emprisonner quelqu'un avant qu'il ait commis une infraction, disent la Constitution ainsi que les traités européens. Il s'agit tout simplement du principe de la présomption d'innocence qui fonde l'Etat de droit français.

Cette même présomption et ce même État de droit que Nicolas Sarkozy aurait pu de ce fait attaquer mais qu'il a au contraire loués, et même invoqués, pour la défense de son cas personnel. Car Le candidat pour la primaire LR est mis en examen dans l'affaire dite Bygmalion du dépassement des frais légaux de sa campagne de 2012. Et s'il affirme avoir été "lavé de tous soupçons", c'est à tort puisqu'il risque un renvoi en correctionnel, requis par le parquet, pour avoir "donné, en connaissance de cause, des instructions en faveur d’une augmentation des dépenses, au mépris des recommandations contraires des experts-comptables".

Principe de précaution, toujours, lorsque l'ancien chef de l'Etat qui aspire à la redevenir a confirmé implicitement ses propos sur le réchauffement climatique. "Il faut lutter contre le changement climatique, mais la première cause de dégradation de l'environnement, c'est le nombre d'habitants sur la planète", a-t-il ainsi réaffirmé insistant sur la "question de la natalité sur le continent africain et en Asie" sans que l'on sache bien comment il compte s'y prendre.

En bref, qu'importe les études qui le prouvent, le changement climatique ne serait qu'un mouvement de fond naturel et qu'importe si le grand désert africain a mis plusieurs milliers d'années pour devenir ce qu'il est alors que la fonte de la calotte glaciaire du pôle Nord a été, selon des chiffres publiés mardi 13 par l'Institut météorologique danois, deux fois plus rapide entre 2003 et 2010 (sept ans seulement) que durant tout le XXe siècle....

 

Plus que le réchauffement climatique, la "question de la natalité sur le continent africain et en Asie" est primordiale selon Nicolas Sarkozy.


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