Loi anticasseur: début de "fronde" dans la majorité LREM?

Loi anticasseur: début de "fronde" dans la majorité LREM?

Publié le :

Mardi 05 Février 2019 - 15:00

Mise à jour :

Mardi 05 Février 2019 - 15:12
© Bertrand GUAY / AFP/Archives
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La rédaction de France-Soir

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Ce mardi 5 dans l'après-midi doit être adoptée à l'Assemblée nationale la proposition de loi "anticasseurs". Si l'issue du vote ne fait guère de doutes, d'importantes dissensions pourraient éclater dans les rangs de la majorité présidentielle.

Le texte devrait être voté sans difficulté apparente à l'Assemblée nationale ce mardi dans l'après-midi. Les députés vont voter le projet de loi "anticasseurs" présenté par l'opposition Les Républicains, dont l'objectif est d'apporter une réponse ferme aux débordements en marge de manifestations.

La proposition de loi inclut des interdictions administratives de manifester, des sanctions pour tout manifestant qui dissimule son visage ou le fichage de casseurs. Le texte a été largement remanié par la majorité gouvernementale et déjà validé par les sénateurs en octobre.

Pourtant, le texte a créé des remous dans la majorité parlementaire, faisant ressortir les tensions existantes dans le groupe LREM entre ses ailes droite et gauche. Une vingtaine d'élus du parti d'Emmanuel Macron ont déjà annoncé leur choix de s'abstenir lors du vote de même que plusieurs députés MoDem. Un choix qui ne changera pas le résultat final mais qui ressemble à une crise interne pour la majorité sur la question sécuritaire.

Hugues Renson, vice-président LREM de l'Assemblée nationale explique qu'il y a certes dans cette proposition de loi "des choses très positives" mais "sur le rôle du préfet et le contrôle administratif des manifestants" il y a "un point de blocage".

Lire aussi - "Anticasseurs": plusieurs abstentions de députés LREM

Aucun député n'a pour l'instant annoncé son souhait de voter contre la mesure ce qui se traduirait par son exclusion immédiate. Cependant, la députée du Bas-Rhin Martine Wonner a assuré que si elle s'abstiendrait en première lecture, elle pourrait voter contre lors du deuxième passage du texte devant les députés. Stanislas Guérini, le numéro un de LREM a dénoncé toute interprétation de ces divergences comme étant une "fronde" telle que celle qu'a connu François Hollande lors de son quinquennat.

Certains élus de l'opposition de droite ou du centre s'indignent également de ce texte. Charles de Courson, député Les Centristes (proche de LR) a critiqué le texte avec des mots particulièrement durs: "On se croit revenu sous le régime de Vichy!" s'était-il emporté mercredi 31 janvier lors d'un débat sur le texte, évoquant l'interdiction de manifester pouvant être prononcée par les préfets.

La proposition de loi pourrait être le texte le plus "mal voté" par la majorité depuis loi asile-immigration en avril 2018: 99 députés LREM ne s'étaient pas déplacés, et 14 s'étaient abstenus. Un député, Jean-Michel Clément, a voté contre avant de claquer la porte du groupe.

Voir aussi:

Loi anti-casseur et liberté de manifester: bras de fer au gouvernent 

Stanislas Guerini (LREM) veut un fichier qui recense les casseurs 

Stanislas Guérini et LREM doivent-ils faire face à l'émergence de "frondeurs" dans leurs rangs.


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