Loi Travail et manifestation du 12 septembre - "La rue ne gouverne pas": Macron fait du Raffarin

Loi Travail et manifestation du 12 septembre - "La rue ne gouverne pas": Macron fait du Raffarin

Publié le :

Mardi 12 Septembre 2017 - 11:22

Mise à jour :

Mardi 12 Septembre 2017 - 12:50
© ETIENNE LAURENT / POOL/AFP
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Quelle sera l'ampleur du mouvement social et de la manifestation parisienne de ce mardi 12 septembre? Qu'importe, semble répondre Emmanuel Macron, déterminé à tenir sa feuille de route de réformes annoncée avant l'été.

Qu'importe les "fainéants". Alors que la colère gronde contre la réforme du code du travail au sein d'une partie de la population, matérialisée ce mardi 12 septembre par un mouvement social national à l'appel de la CGT notamment, Emmanuel Macron ne compte pas se laisser impressionner par la pression de la gauche. Et le fait ostensiblement savoir puisqu'il a quitté Paris lundi 11 pour les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy sinistrées.

S'appuyant sur les études d'opinion récentes, par exemple celle d'Odoxa parue fin août, le président se targue ainsi du soutien d'une petite moitié de Français. Un chiffre qu'il analyse comme une opportunité à saisir dans cette "France qui n'est pas un pays qui se réforme", et qu'importe si une majorité plus conséquente -bien que loin d'être écrasante- dit (dans la même étude) comprendre, voire soutenir, la mobilisation de ce mardi.

La réforme du code du travail par ordonnances? Actée, dans l'esprit du président. Il y aura des remous, une opposition franche telle celle contre la loi El Khomri, mais rien de nature à le faire dévier veut-il faire comprendre. Et comme il l'a toujours martelé, Emmanuel Macron veut aller vite, agir tout de suite pour avoir le temps de récolter les fruits que sont supposés lui rapporter ses réformes. Après la CSG, le CDI et les prud'hommes (et la représentation syndicale), place au régime spécial des cheminots, à l'assurance chômage et à la formation professionnelle, puis bientôt, à l'horizon 2018, aux retraites globales...

La feuille de route était annoncée, Edouard Philippe l'a détaillée le 6 juin dernier en présentant le "programme de travail" du gouvernement pour "rénover (le) modèle social" français. Emmanuel Macron veut confirmer qu'il tient le cap, contre vents et marées.

Après la France qui ne se réforme pas et les fainéants, "ce n'est pas la rue qui gouverne" pourrait ainsi bientôt lancer Emmanuel Macron reprenant le mot Jean-Pierre Raffarin à propos des manifestations de 2003 contre la réforme des retraites. Celui qui était alors Premier ministre avait tenu, notamment car le front syndical s'était fissuré suite aux négociations: la CFDT notamment avait estimé avoir obtenu suffisamment d'avancées pour interrompre son action.

Problème, Emmanuel Macron a écarté toute possibilité de dialogue, jugeant que la concertation de cet été avec les syndicats a "fait office de". C'était pourtant au mieux des réunions de présentation partielle d'un projet encore non-arbitré officiellement et aucun document n'avait été fourni aux centrales. La CFDT ouvre la porte à une sortie de crise par la négociation? Le président repousse la main tendue, oubliant peut-être un peu vite que lorsque le front syndical a été uni en France, il a souvent remporté les batailles.

La "France n'est pas un pays qui se réforme", a dit récemment Emmanuel Macron.


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