L'un des agresseurs homophobes de La Roche-sur-Yon est-il vraiment proche de Bruno Retailleau?

L'un des agresseurs homophobes de La Roche-sur-Yon est-il vraiment proche de Bruno Retailleau?

Publié le 21/05/2019 à 12:50 - Mise à jour le 06/06/2019 à 12:50
© RAJESH JANTILAL / AFP/Archives
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Auteur(s): Pierre Plottu et Maxime Macé

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L'attaque d'un stand LGBT par un groupe de jeunes gens scandant "homo-folie, ça suffit!" dont la vidéo a été diffusée ce samedi a déclenché une vive polémique et l'ouverture d'une enquête.

La vidéo a fait le tour du web: samedi 18, un groupe d'une quinzaine jeunes hommes arborant des vêtements siglés "La Manif pour tous" agresse un stand LGBT à La Roche-sur-Yon. Certains renversent des éléments du stand, arrachent un drapeau ou tentent de dégrader l'installation. "Homo-folie, ça suffit", scandent-ils, menaçant, lorsque les gens présents essayent de s'interposer.

L'Institut catholique d'études supérieures (ICES) a réagi dès lundi 20 pour confirmer la rumeur circulant depuis la veille sur les réseaux sociaux: plusieurs des agresseurs, si ce n'est leur totalité, fréquentent ses bancs. Le président de l'école, Eric de Labarre, a annoncé que des sanctions "exemplaires" seront prises contre les étudiants identifiés. Il a également dénoncé un acte de "bêtise", "d'ignorance" et enfin "d'idéologie traduite en activisme politique".

Selon nos informations, l'un des membres du groupe d'agresseurs est en effet un jeune étudiant en sciences politiques très engagé dans la vie associative de l'ICES. Il a en outre été présenté, à tort, comme un proche de Bruno Retailleau.

Ce jeune homme était encore très récemment président de "Politeia", qui se présente comme l'"association des politistes de l'ICES (et) organisateur de conférences et de cafés-débats". Le changement de bureau de cette association politique a été publié samedi 18 sur Facebook. Le jeune homme en question a disparu de ce nouvel organigramme.

Très active, l'association a notamment organisé récemment des conférences avec le président LR de la region Pays de la Loire Bruno Retailleau (le 23 avril), sur "la place des idées et des convictions en politique". D'autres ont réuni des étudiants autour de Michel Maffesoli (28 mars) ou encore le député et vice-président du groupe LREM Sacha Houlié (7 mars) notamment.

Sous la présidence de cet étudiant, qui se présente également comme réserviste au sein du 3e RPIMa (son nom apparaît aussi sur une pétition pour "Libérer le général Piquemal"), le Politeia de l'ICES a également organisé des soirées. Du très classique pour une asso étudiante, hormis peut-être pour ce qui est du qualificatif "franchouillard" donné à ces afterworks. D'autant que le visuel annonçant les événements est illustré avec une photo reprenant les clichés d'une France chère à l'extrême droite radicale. L'image avait même déjà été utilisée par le bar identitaire lyonnais La Traboule en 2017 pour communiquer sur ses "Soirées patriotes" organisées avec le site d'extrême droite "Fdesouche", qu'avait épinglées Buzzfeed.

Si cet étudiant a été présenté comme un "proche" de Bruno Retailleau, c'est parce que l'association des étudiants de l'ICES, fondée en 2005, porte le même nom qu'une autre bien plus tardive (créée en janvier 2019) qui est l'"institut de formation à destination des jeunes" du mouvement "Force républicaine". Un mouvement présidé par… Bruno Retailleau. Celui-ci a en outre réagit pour "condamne(r) fermement ces comportements inadmissibles".

Ces derniers jours, les comptes sur les réseaux sociaux du jeune homme ont été fermés ou passés en "privé", les rendant inaccessibles.

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Auteur(s): Pierre Plottu et Maxime Macé


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