Macron et le "bordel" - Mépris de classe ou manque de stature? On s'en fout!

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PP
Publié le 06 octobre 2017 - 12:24
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Emmanuel Macron à la basilique Notre Dame d'Afrique d'Alger le 14 février 2017
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Emmanuel Macron "ne savait pas qu'il était filmé et, par conséquent, son registre de langage relevait du privé", selon son porte-parole Bruno Roger-Petit.
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En dénonçant des ouvriers en lutte qui feraient mieux de chercher du travail que de "foutre le bordel", mercredi, Emmanuel Macron a déclenché la polémique. Mais au-delà de la forme, le fond est aussi lourd de sens.

Maître-mot ou mot de maître? "Certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas, parce qu'il y en a qui ont les qualifications pour le faire et ce n'est pas loin de chez eux", a déclaré Emmanuel Macron mercredi 4 en marge d'un déplacement à Egletons, en Corrèze, perturbé par des salariés et ex-salariés licenciés de l'équipementier GM&S. De cette déclaration, beaucoup ne retiennent que les premiers mots et leur vulgarité.

"Mépris de classe" pour certains, langage de "charretier" indigne d'un président de la République ou encore "violence" pour d'autres, l'expression défraye la chronique. De gauche à droite les condamnations sont quasi-unanimes. L'institut Harris interactive a même produit un sondage pour déterminer si les Français ont été choqués par ces mots ("oui", à 57%). Il faut dire que l'image est saisissante: un président qui insulte des ouvriers en lutte. Le tout capturé en coulisse, signe qui prouverait son mépris caché, sa pensée intime envers le monde ouvrier. Pire même que les "sans-dents" puisqu'il ne s'agit pas cette fois de propos rapportés (et donc sujets à caution).

"Ces mots, on les utilise tous. Les Français les utilisent", a ainsi défendu le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner dans la foulée. Le président "assume", donc. Soit. Mais au-delà de la forme, c'est surtout le fond qui est lourd de sens.

Occultons les premiers mots, partant du principe qu'ils sont malheureux. Les ouvriers GM&S -en pleine bousculade musclée avec les forces de l'ordre au moment où Emmanuel Macron a prononcé sa phrase- "feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas, parce qu'il y en a qui ont les qualifications pour le faire et ce n'est pas loin de chez eux", a donc estimé Emmanuel Macron.

Faut-il comprendre que les chômeurs, et ceux qui redoutent de le devenir, feraient mieux de "se bouger" pour chercher du travail? Et donc en filigrane qu'ils méritent -un peu- ce qui leur arrive? La théorie du "chômeur-feignant", que plus personne n'ose reprendre après des décennies de chômage de masse, semble poindre le bout de son nez. D'autant que la défense présidentielle, colportée par Bruno Roger-Petit se base sur le fait qu'Emmanuel Macron "ne savait pas qu'il était filmé et, par conséquent, son registre de langage relevait du privé" a voulu défendre le porte-parole de l'Elysée Bruno Roger-Petit. Dont acte.

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