Migrants de Calais: face à l'annonce de nouveaux centres, l'exigence d'une politique pérenne

Migrants de Calais: face à l'annonce de nouveaux centres, l'exigence d'une politique pérenne

Publié le :

Mardi 01 Août 2017 - 19:02

Mise à jour :

Mardi 01 Août 2017 - 19:10
© PHILIPPE HUGUEN / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé lundi l'ouverture de deux nouveaux centres d'hébergement dans les Hauts-de-France destinés aux migrants de Calais. Une annonce accueillie assez froidement par les associations qui n'y voient pas une solution durable.

Après avoir donné l'image de la fermeté lors d'un premier déplacement à Calais, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé lundi 31 des mesures d'hébergement pour les migrants campant dans la zone avec l'ouverture de deux nouveaux centres dans les Hauts-de-France.

Cela afin de faire baisser la pression à Calais (Pas-de-Calais), où les candidats à l'exil subissent des "traitements inhumains" selon le Conseil d'État. Ils disposeront à eux deux de 300 places et devraient ouvrir "dans les 10 jours qui viennent". Mais qu'il s'agisse des associations venant en aide aux migrants ou de la maire de Calais, les acteurs réclament avant tout une politique durable et non d'urgence.

"Il ne faut pas se contenter de créer ces centres et d'y bloquer 300 personnes, sans qu'elles en voient l'issue" a déclaré le président départemental du Secours catholique qui, cité par France 3, reconnaît tout de même "un premier pas important".

L'analyse est plus sévère du côté de l'auberge des migrants qui rappelle que l'objectif des migrants de Calais est de gagner le Royaume-Uni et non d'être hebergé en France. "La réponse à la problématique de Calais n'est pas l'ouverture de centres d'accueil", pour le président de l'association.

Cette annonce intervient sur fond de bras de fer entre l'Etat et la ville de Calais, qui lutte contre toute nouvelle installation, et interdit notamment aux associations de mettre en place des infrastructures. La maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), a affirmé lundi qu'elle ne donnerait "pas suite aux injonctions" du Conseil d’État, qui a ordonné des mesures d'aide aux migrants, comme la création de points d'eau ou de sanitaires.

"La décision de justice du Conseil d’État est une injustice pour les Calaisiens, car elle les met de nouveau sous la menace de la recréation d’une énième Jungle. Aussi, en l’absence de politique nationale et européenne offrant une solution globale de maîtrise de l’immigration, la Ville de Calais ne donnera pas suite aux injonctions qui lui ont été faites", a déclaré Mme Bouchart dans un communiqué.

Pour l'Auberge des migrants, de nouveaux centres n'empêcheront pas les migrants de vouloir se rendre en Angleterre.


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