Nicolas Sarkozy et le terrorisme: "c'est une guerre, c'est notre civilisation qui est en cause"

Nicolas Sarkozy et le terrorisme: "c'est une guerre, c'est notre civilisation qui est en cause"

Publié le :

Mercredi 21 Janvier 2015 - 21:06

Mise à jour :

Jeudi 22 Janvier 2015 - 11:21
©Capture d'écran France-2
PARTAGER :
-A +A

La menace terroriste est toujours importante en France, et les forces de l'ordre doivent pouvoir agir vite, a estimé mercredi soir Nicolas Sarkozy. L'ancien président, invité du Journal de 20H sur France-2, a réclamé le rétablissement des heures supplémentaires dans la police et les services de renseignement.

Les attentats terroristes qui ont récemment frappé la France montrent que "c'est une guerre" qui est déclarée, "c'est notre civilisation qui est en cause", a estimé mercredi soir Nicolas Sarkozy, qui "craint que la menace continue pendant longtemps".

L'ancien chef de l'Etat, qui était l'invité du Journal de 20H de France-2, est revenu sur les attaques qui ont fait 17 morts les 7, 8 et 9 janvier, perpétrés par des terroristes se réclamant de l'islam radical. En quelques années, "nous sommes passés de quelques djihadistes à des centaines de djihadistes" français, sur le sol national ou à l'étranger, a-t-il dit.

Commentant les mesures annoncées par le Premier ministre Manuel Valls, Nicolas Sarkozy a fait remarquer que les effectifs supplémentaires dans les forces de l'ordre ne viendraient pas avant une période de deux à cinq ans. Or "nous n'avons pas le temps d'attendre que les procédures budgétaires" soient mises en place, a-t-il ajouté.

C'est pourquoi il a proposé de "rétablir les heures supplémentaires dans la police et les services de renseignement". Cela équivaudrait à "4.000 équivalents temps plein en plus", alors que l'application des 35 heures a conduit, selon lui, à une diminution de 8.000 équivalents temps plein dans la police.

Le président de l'UMP a également réclamé un nouveau "cadre juridique" pour permettre à la police, aux enquêteurs et aux services de sécurité de ne plus être obligés de passer par des procédures judiciaires pour certaines actions (écoutes téléphoniques, traçabilité de véhicules, perquisitions, etc.).

Il s'est prononcé également pour le retrait de la nationalité des djihadistes français partis dans les camps d'entraînement à l'étranger, "pour qu'ils ne puissent plus revenir sur le territoire national", et pour la création de "centres de dé-radicalisation" des extrémistes condamnés, à leur sortie de prison, "pour s'assurer qu'ils ont prêts à vivre en liberté".

Si de telles mesures ne sont pas mises en place, quand il y aura de nouveaux attentats "ce ne sera pas seulement le gouvernement qui sera en première ligne, ce sont tous ceux qui ont une responsabilité politique", selon lui.

Interrogé sur l'islam, l'ancien chef de l'Etat a réaffirmé que "la question de l'islam et de la laïcité est clairement posée" et qu'il ne faut "pas se demander ce que la République est prête à faire pour l'islam, mais ce que l'islam est prêt à faire pour s'intégrer dans la République". "Nous voulons un islam de France et non pas un islam en France", a-t-il dit, déplorant qu'il n'y ait "pas de hiérarchie religieuse" au sein de l'islam.

Nicolas Sarkozy a conclu en estimant que l'union nationale affichée par les dirigeants politiques lors des rassemblements du 11 janvier était "incontournable et indispensable": "si nous avions donné le spectacle de la division, de la politicaille, nous aurions été indignes".

Mais il a vivement réagi aux récents propos de Manuel Valls qui a employé le mot d'"apartheid" pour désigner l'état de certains quartiers difficiles et certaines franges de la population laissées à l'écart. "Je suis consterné par cette expression", a-t-il dit. "Comparer la République française à l'apartheid, c'est une faute".

En fin de journal, David Pujadas a tenté d'obtenir de lui une réaction sur le buzz et les moqueries dont l'ancien président a été l'objet sur les réseaux sociaux à propos de son désir d'apparaître au premier rang de la manifestation parisienne du 11 janvier, à côté des chefs d'Etat et de la maire de Paris. "Permettez-moi de ne pas tomber à ce niveau-là", a répliqué Nicolas Sarkozy, qualifiant le sujet de "caricature de la politique": "c'est de la mousse, de la politicaille".

(Voir ci-dessous l'interview de Nicolas Sarkozy):

 

 

Nicolas Sarkozy propose le rétablissement des heures supplémentaires dans la police


Commentaires

-