Paris: adieu, la fusion des 4 arrondissements centraux?

Paris: adieu, la fusion des 4 arrondissements centraux?

Publié le :

Vendredi 17 Juin 2016 - 13:10

Mise à jour :

Vendredi 17 Juin 2016 - 13:14
©Xavier Francolon/Sipa
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Votée par la majorité parisienne, ardemment voulue par Anne Hidalgo, la fusion des quatre premiers arrondissements de la capitale pourrait toutefois passer à la trappe. François Hollande et Manuel Valls serait ainsi réticents à ouvrir un front avec la droite parisienne a un an des législatives. Tout en faisant dire à leur entourage que le projet pourrait toutefois revenir par la fenêtre...

Oui mais non, enfin peut-être. Alors qu'il y semblait plutôt favorable, le gouvernement a exfiltré le projet de fusion des quatre premiers arrondissements de la capitale de la réforme du statut de la ville de Paris, a révélé le journal Les Echos jeudi 16, laissant augurer d'un enterrement de la mesure. Au grand dam d'Anne Hidalgo et pour la plus grande joie de la droite, le volet consacré au sujet a ainsi disparu du texte déposé au Conseil d'Etat le 10 juin dernier. Mais cet escamotage pourrait toutefois ne pas être définitif.

La volonté des services d'Anne Hidalgo de fondre les Ier, IIe, IIIe et Ive arrondissements en une seule entité avait été révélée fin janvier. L'idée était de regrouper ces secteurs afin de combler le fossé "démographique et démocratique" entre les arrondissements de la capitale: le Ier, le plus petit, est ainsi près de quatorze fois moins peuplé que le XVe, le plus grand. Au total, ils rassembleraient un peu moins de 75.000 habitants (selon le dernier recensement), soit encore moitié moins que dans le XIe par exemple. Surtout, avait tenté de rassurer la majorité municipale, cette fusion devait être "neutre sur l'équilibre politique" parisien.

Un argument répété par Anne Hidalgo depuis que l'information a été révélée, puis votée par le Conseil de Paris mi-février, et récemment encore directement à Manuel Valls lors d'un entretien dont Le Monde rapporte des bribes. Face à ce discours, couplé à l'alléchante promesse de millions économisés (huit à dix par an pour la Ville, selon Hidalgo), le Premier ministre aurait assuré l'élue de son soutien. Tout en renvoyant la balle dans le camp de la présidence, qui a elle-même assuré que "c’est Matignon qui pilote"...

Car le sujet est épineux politiquement. L'opposition est ainsi vent debout contre ce point précis d'une réforme qui ne suscite pas, dans l'ensemble, trop de frictions. François Hollande et Manuel Valls  seraient ainsi réticents à ouvrir un front avec la droite et le centre parisiens à tout juste un an des législatives de 2017. Et comptent d'ailleurs sur la "sagesse" du Parlement pour trancher.

Evacué par la porte, le projet pourrait ainsi revenir par la fenêtre. "On pourra laisser les députés déposer des amendements en ce sens et le gouvernement s’en remettra à la sagesse du Parlement", euphémise ainsi un conseiller cité par Le Monde. Le projet de loi devrait être présenté fin juillet au conseil des ministres puis possiblement débattu à l'Assemblée après la trêve estivale, augurant d'une rentrée chaude pour les élus parisiens.

 

Anne Hidalgo soutien que le projet de fusion des quatre arrondissements centraux n'a aucun impact sur l'équilibre politique de Paris et, surtout, entraînera des économies pour la Ville.

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