PenelopeGate: le point sur l'enquête après les nouvelles révélations du "Canard Enchaîné"

PenelopeGate: le point sur l'enquête après les nouvelles révélations du "Canard Enchaîné"

Publié le 01/02/2017 à 11:52 - Mise à jour à 12:33
©Jean-François Monier/AFP
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Auteur(s): MI

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"Le Canard enchaîné" révèle dans son édition de ce mercredi que Penelope Fillon aurait perçu près de 900.000 euros (et non 500.000 comme précédemment annoncé) grâce à des emplois fictifs. L'enquête judiciaire ouverte le 25 janvier n'a pas encore mis en lumière de preuves marquantes, mais si François Fillon est mis en examen avant la présidentielle, les Républicains pourraient se retrouver orphelins d'un candidat.

Le couple Fillon et la famille politique des Républicains sont dans la tourmente. Depuis une semaine, Penelope Fillon, épouse de François Fillon, est sous le feu des projecteurs pour des soupçons d'emplois fictifs. Une enquête judiciaire a été ouverte le 25 janvier pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux.

C'est le Canard enchaîné qui a révélé l'affaire, assurant que l'épouse du candidat des Républicains à la présidentielle aurait perçu 500.000 euros en occupant un poste d'assistante parlementaire de son époux et en tant que conseillère littéraire à la Revue des deux mondes. Dans l'édition du quotidien de ce mercredi 31, la somme perçue au total a même grimpé à 900.000 euros.

Une semaine après l'ouverture d'une enquête préliminaire, où en est-on? Que sait-on? Quels sont les faits reprochés aux époux Fillon exactement?

Selon le Canard enchaîné, Penelope Fillon aurait été employée en tant qu'assistante parlementaire de son mari à trois reprises: de 1988 à 1990, de 1998 à 2002, et de mai 2012 à novembre 2013. De mai 2002 au mois d'aout 2007, elle a également été sous contrat avec Marc Joulaud, qui avait repris le fauteuil de député à François Fillon dans la quatrième circonscription de la Sarthe.

De mai 2012 à décembre 2013, elle aurait également gagné près de 100.000 euros en exerçant une activité de "conseillère littéraire" à la Revue des deux mondes, rémunérée 5.000 euros bruts par mois.

En soit, rien d'illégal jusque-là. Un ministre a tout à fait le droit d'embaucher son épouse. Mais uniquement si elle travaille vraiment. Sauf que, même si aucune preuve concrète n'est avancée pour l'instant, les témoignages accablants s'enchaînent. Jeanne Robinson-Behre, collaboratrice de Marc Joulaud entre 2002 et 2007, a assuré n'avoir jamais travaillé avec Penelope Fillon. "Je ne la connaissais que comme femme de ministre" a-t-elle expliqué. Du côté de la Revue des deux mondes, les remontées sont sensiblement les mêmes. Son passage là-bas n'a pas vraiment été remarqué. "Elle a bien signé deux ou trois notes de lecture. (…) A aucun moment, je n'ai eu la moindre trace de ce qui pourrait ressembler à un travail de conseiller littéraire" a déclaré Michel Crépu, directeur de la publication à l'époque.

C'est là le travail principal des enquêteurs: déterminer si Penelope Fillon a vraiment travaillé à ces deux postes. Une perquisition a été menée à l'Assemblée nationale mardi 31 janvier. Les enquêteurs ont récupéré des documents, actuellement en cours d'examen, mais aucune déclaration n'a été faite par les autorités sur leur contenu. Une autre perquisition a été opérée dans les locaux de la Revue des deux mondes sans plus d'information. Plusieurs personnes ont également été entendues dans cette affaire par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (l'OCLCIFF): les époux Fillon, Marc Joulaud, et également le propriétaire de la Revue des deux mondes Marc Ladreit de Lacharrière.

Outre la possibilité d'être éjecté de la course à la présidentielle, François Fillon risque gros (il a lui-même assuré au JT 20 heures de TF1 qu'il mettrait un terme à sa campagne s'il était mis en examen). Tout comme sa femme Penelope. Pour le volet "détournement de fonds publics", François Fillon risque dix ans de prison et une amende d'un million d'euros (si l'emploi fictif d'assistante parlementaire est avéré).

Dans le cadre du travail à la Revue des deux mondes, l'enquête porte sur un chef d'abus de biens sociaux, pour lequel est encouru une peine de cinq ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende (uniquement Marc Ladreit de Lacharrière ne peut prouver la contribution de Mme Fillon).

Le recel de ces délits, qui inquiète Penelope Fillon, forme une troisième partie dans cette enquête et est puni, comme l'abus de bien social, de cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende.

Auteur(s): MI


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Penelope Fillon risque cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende pour recel des délits d'abus de biens sociaux et détournement de fonds publics.

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