Plutôt Macron et Hamon que Le Pen, Fillon ou Mélenchon: Berger, le patron de la CFDT, s'immisce dans la présidentielle

Plutôt Macron et Hamon que Le Pen, Fillon ou Mélenchon: Berger, le patron de la CFDT, s'immisce dans la présidentielle

Publié le :

Jeudi 13 Avril 2017 - 10:57

Mise à jour :

Jeudi 13 Avril 2017 - 11:47
©Kenzo Tribouillard/AFP
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Laurent Berger était ce jeudi matin l'invité de France Inter. Le patron de la CFDT a multiplié les piques contre les principaux candidats à la présidentielle, soulignant les désaccords avec chacun d'entre eux. Conclusion: "la CFDT n'a pas de candidat".

"La CFDT n'a pas de candidat". Laurent Berger, le patron du désormais premier syndicat de France dans le privé s'est montré catégorique ce jeudi 13 matin sur France Inter: sa centrale ne soutient aucun des prétendants à l'Elysée. Il l'a rappelé: il ne donnera "pas de consigne de vote" pour le premier tour et n'en transmettra au second que pour faire "battre le Front national". Mais en a aussi profité pour confier sa préférence pour certains...

"On est dans un pays qui va très mal", a attaqué le patron de la CFDT. "Qui va très mal surtout en termes d'ambiance et (est atteint) d'une forme de déprime collective", a-t-il diagnostiqué. Puis de prescrire: "il faut redonner des marges de manœuvre aux citoyens, redonner des marges de manœuvre aux corps intermédiaires", que sont notamment les syndicats.

L'occasion de lancer une première pique à Jean-Luc Mélenchon notamment. "On a aujourd'hui des gens qui se présentent en disant +faites-moi confiance, j'ai la solution à tous vos problèmes+. Cela n'existe pas, ce n'est pas possible". Puis de se faire plus frontal, à propos des "attaques que (la CFDT a) subies de la part de gens qui sont autour de Jean-Luc Mélenchon. Parfois il y a des discours qui donnent à penser qu'il y aurait des ennemis, ceux qui ne penseraient pas comme lui. C'est dangereux".

François Fillon a aussi été visé, pour avoir par exemple souhaité la généralisation de la "clause Molière", qui vise à imposer que le français soit la seule langue parlée sur les chantiers. "Les lignes rouges (de la CFDT) sont en termes de valeur et d'Europe. (...) Il faut arrêter de stigmatiser les populations (...) les travailleurs étrangers dans ce cas précis".

Battre à tout prix Marine Le Pen, éviter l'arrivée au pouvoir (possible à ce stade) de Jean-Luc Mélenchon... Laurent Berger n'a-t-il vraiment aucune préférence pour cette présidentielle? Officiellement non, mais il a confié ce jeudi matin sa préférence pour Benoît Hamon et Emmanuel Macron.

Plutôt logique pour le second, pro-européens et artisan de lois soutenues par la CFDT durant le quinquennat, le tout en ayant usé de la "méthode du dialogue" prônée par la centrale. Mais qui a aussi assuré que "les syndicats ne peuvent pas représenter l'intérêt général". Plus étonnant pour le second, qui veut abroger la loi El Kohmri et a déclaré par le passé "ne pas croire à la démocratie sociale au niveau de l'entreprise".

Réponse de Laurent Berger: "à eux deux ils représentent ce qu'il faut faire". "Le syndicalisme prétend contribuer à l'intérêt général. (...). De l'autre côté on veut aussi pouvoir s'impliquer dans la négociation d'entreprise parce qu'on pense que nos militants sont les mieux placés pour améliorer la situation des salariés dans les entreprises". La CFDT n'a donc pas de candidat, mais plutôt faute que l'un d'eux porte ses valeurs qu'autre chose. 

Laurent Berger ne donnera pas de consignes de vote pour la présidentielle.


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