PMA et "écoles coraniques", LREM se désolidarise d'Agnès Thill

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La rédaction de France-Soir
Publié le 19 janvier 2019 - 11:21
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La députée de l'Oise Agnès Thill, à Paris le 19 mai 2017
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© CHARLY TRIBALLEAU / AFP/Archives
La députée Agnès Thill a jugé que l'élargissement de la PMA favoriserait "l'éclosion d'écoles coraniques".
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La direction du groupe LREM à l'Assemblée nationale s'est désolidarisé vendredi des propos de la député Agnès Thill sur l'élargissement de la PMA, sans cependant évoquer de sanction. L'élue a jugé que cette mesure favoriserait "l'éclosion d'écoles coraniques".

Ce n'est pas la première fois que les propos de la député LREM de l'Oise Agnès Thill font polémique. Ce pourrait être la dernière fois en tout cas sous cette étiquette, le parti majoritaire ayant déjà averti l'élue pour des propos sur la communauté LGBT. 

C'est cette fois sur la procréation médicalement assistée (PMA) qu'Agnès Thill s'est exprimée, s'attirant des critiques jusque dans son propre camp, après avoir envoyé  à ses collègues une longue lettre détaillant ses objections à l'extension de la PMA aux couples de femmes ou femmes seules. C'est surtout une corrélation entre cette mesure et le développement des écoles coraniques qui a fait réagir.

"Le parent d’intention permet la multiplication des parents, le mot parent n’a alors plus aucun sens. Il en découle politiquement que cette absence de sens de genre dans le mot "parent" favorise l’éclosion d’écoles coraniques et le départ de nos élèves vers celles-ci", a-t-elle écrit dans cette lettre, a révélé mercredi 17 Libération.

Voir: LREM met une "dernière" fois en garde sa députée Thill

"Nos amis musulmans, que nous savons opposés à cet éloignement progressif des concepts de père-mère, homme-femme, pour le seul mot "parent" englobant ces mots, parent 1 parent 2, ne vont point dans la rue, ni dans les urnes, pour exprimer leur conception. Mais ils vivent en créant un monde parallèle dans la République, où les choses sont comme ils veulent, eux, où un homme est un homme, une femme est une femme, un père est un père, une mère est une mère", a détaillé la députée.

Ces propos ont été sévèrement dénoncés par d'autres élus LREM. Agnès Thill s'est défendue de toute homophobie ou islamophobie, mais le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale Gilles Le Gendre et son secrétaire général Stanislas Guerini ont finalement publié vendredi 19 un communiqué. Ils y considèrent "que ce texte n'engage que son auteure" et que "nombre des opinions qu'il contient sont contraires aux engagement et aux idées portés par La République en Marche".

Le communiqué n'évoque cependant pas de sanction. Pourtant, en novembre dernier, La République en Marche avait mis une "dernière" fois en garde jeudi la députée Agnès Thill "contre les excès" de ses "prises de position publiques", après des propos concernant un supposé "lobby LGBT à l'Assemblée nationale".

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