Présidentielle 2017: le débat à 11, une opportunité pour les six "petits" candidats

Présidentielle 2017: le débat à 11, une opportunité pour les six "petits" candidats

Publié le :

Mardi 04 Avril 2017 - 15:33

Mise à jour :

Mardi 04 Avril 2017 - 16:18
© Lionel BONAVENTURE / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Privés du premier grand débat, les six "petits candidats" -Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, François Asselineau et Jacques Cheminade- auront l'opportunité de défendre leurs idées et leurs (modestes) chances ce mardi lors du débat à 11.

Le premier grand débat de la présidentielle avait opposé les cinq "principaux" candidats (Macron, Le Pen, Mélenchon, Fillon et Hamon), au grand dam des six "petits". Mais ceux-ci pourront se battrent à armes égales ce mardi 4 lors du débat regroupant l'ensemble des 11 prétendants. Avec moins de 10% d'intentions de vote à eux tous, aucun des six ne semble pouvoir prétendre à accéder au second tour. Mais si certains acceptent cette réalité et sont là pour porter un message, d'autres y croient, ou du moins disent y croire.                                                      

 > Nicolas Dupont-Aignan, le souverainiste qui pourrait compter

Le leader de Debout la France est de tous les "petits" candidats celui qui est crédité du plus d'intentions de vote. Monté à 5,5% après un coup de gueule remarqué sur TF1 et un passage sur Touche pas à mon poste, il est cependant redescendu entre 3% et 4% selon les sondages.

Ancien de l'UMP dragué par le FN, celui qui souhaite "dénoncer les traités européens" et critique une "invasion migratoire" en France se veut le candidat de la "majorité silencieuse". Si ses chances de passer le premier tour restent très faibles- quoi qu'il en dise-, une bonne performance ce mardi 4 puis le 23 avril pourrait lui permettre de peser sur un second tour auquel est notamment promise Marine Le Pen.

 

 > Jean Lassalle, le Béarnais rural

Malgré des sondages qui le créditent d'environ 1% d'intentions de vote, Jean Lassalle dit se voir au second tour contre Marine Le Pen. Il faut dire que le député des Pyrénées-Atlantiques est habitué aux coups d'éclat, entre un chant béarnais dans l'hémicycle en 2003 et sa grève de la faim en 2006.

Brouillé avec François Bayrou et le MoDem, le maire de Lourdios-Ichère (162 habitants) incarne la France rurale comme en témoigne le titre de son dernier livre: Un Berger à l'Elysée. Le débat devrait surtout pour lui être une tribune pour développer sa vision de la société.

 

 > Philippe Poutou, l'ouvrier en lutte

Le candidat du NPA avait récolté 1,15% des suffrages en 2012, et ne devrait pas faire beaucoup mieux cette année à en croire les sondages. Syndicaliste CGT en lutte contre la fermeture de l'usine Ford de Blanquefort (Gironde) où il officie comme réparateur de machines-outils, il incarne à la fois la classe ouvrière et l'anticapitalisme. Il propose un programme drastique comprenant notamment l'interdiction des licenciements, le Smic à 1.700 euros ou la semaine de 32 heures.

 

 > Nathalie Arthaud, la nouvelle Arlette Laguillier

C'est l'autre candidate de l'extrême-gauche, à la tête de Lutte ouvrière. Successeur d'Arlette Laguillier, elle est en lutte contre "la grande bourgeoisie" qui "tire les ficelles" et souhaite elle aussi interdire les suppressions d'emplois et imposer la hausse du Smic. Des propositions qu'elle défendra mardi soir sans illusion. Car avec plus ou moins 1% d'intentions de vote, elle reconnaît qu'elle n'est "pas candidate pour être présidente de la République" mais pour "renverser le système".

 

François Asselineau, complots et "Frexit"

Le représentant de l'UPR François Asselineau est l'invité surprise de cette élection présidentielle. Partisan d'une sortie de l'Union européenne et de l'Otan, il a souvent créé la polémique en présentant des thèses jugées "complotistes". Il voit notamment dans l'Etat islamique une création des Etats-Unis, dans l'institut de sondage Harris une marionnette du FBI, et affirme que le FN a été créé par François Mitterrand et financé par la CIA. Celui qui se plaint souvent d'être muselé par les médias pourra donc "librement" s'exprimer lors du débat.

 

Jacques Cheminade, l'ovni

Bien que diplômé de l'ENA et de HEC, Jacques Cheminade est lui aussi souvent qualifié d'"ovni" de l'élection présidentielle, à laquelle il a déjà été candidat en 1995 et 2012. Son projet de colonisation de Mars n'avait pas aidé à lui donner une grande crédibilité, pas plus que de sa volonté d'interdire Pokémon Go. Pour celui qui a fait 0,27% lors de sa première participation à l'élection et 0,25% la deuxième fois, être présent lors du débat est déjà une chance.

Avec environ 4% d'intentions de vote, Nicolas Dupont-Aignan est le mieux classé des "petits" candidats.


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