Présidentielle 2017: Macron vise le centre sous l'œil agacé de Bayrou et celui intéressé de Lagarde

Auteur(s)
PP
Publié le 08 septembre 2016 - 14:58
Image
Emmanuel Macron.
Crédits
©Andrea Comas/Reuters
Macron est l'épouvantail des "grands intérêts financiers", selon Bayrou.
©Andrea Comas/Reuters
Pressé sur sa gauche, Macron va-t-il attaquer au centre? Cet électorat semble en tout cas prêt à lui tendre les bras, à l'image du patron de l'UDI Jean-Christophe Lagarde. François Bayrou au contraire identifie le jeune ex-ministre comme une menace, et n'a pas de mots assez durs contre lui.

Quoi de plus logique pour un candidat "ni de droite, ni de gauche" que de viser le centre? Depuis qu'il est entré en campagne, encore non officielle mais bien réelle, pour la présidentielle en quittant son poste de ministre de l'Economie, Emmanuel Macron lorgne ainsi sur cet électorat qui semble lui tendre les bras. Une tentative d'OPA de la part de l'ancien banquier d'affaires qui agace autant qu'il intéresse les ténors centristes.

François Bayrou notamment voit "l'hologramme" Macron, comme il l'a qualifié mercredi 7 sur BFMTV, d'un très mauvais œil. "Je suis absolument sceptique sur cette affaire, et quand je dis sceptique, c'est le mot le plus modéré que je puisse choisir", a-t-il ainsi déclaré avant d'accuser l'ancien ministre d'être l'épouvantail de certains "grands intérêts financiers (qui) veulent avoir le pouvoir politique".

"Mon ennemi c'est la finance", aurait presque pu ajouter le président du MoDem qui a mené sa campagne de 2012 en dénonçant un Nicolas Sarkozy "candidat des grands patrons et de la classe médiatique". Et voulait rassembler "du centre droit au centre gauche", un peu comme son nouveau rival aujourd'hui...

La menace est en effet bien réelle pour François Bayrou dont le parti a abandonné à l'UDI le statut de principal parti du centre, et qui tarde à entrer en campagne, tenu par sa promesse de ne pas se présenter face à Alain Juppé si celui-ci devait remporter la primaire de la droite. Pendant ce temps, celui dont Hollande dit qu'il l'a "trahi méthodiquement" s'est sérieusement mis en marche.

Au point d'attirer l'attention de Jean-Christophe Lagarde, qui s'est dit récemment prêt à "dialoguer" avec Emmanuel Macron. "Nous avons des points de cohérence avec lui, nous avons aussi des divergences (mais) Macron a plus de différences avec Montebourg et une partie de la gauche qu'avec nous", a ainsi expliqué le patron de l'UDI. Puis de railler ceux qui ont "fait profession pendant quinze ans de dire il faut que la droite, le centre, la gauche arrivent à se parler" mais refusent de le faire aujourd'hui.

Une manœuvre de Lagarde pour peser dans la balance des négociations sur les investitures aux législatives avec son -encore- allié LR? Probable. Mais il n'est pas exclu que le député de Seine-Saint-Denis commence à explorer d'autres pistes, lui qui a aussi dénoncé le climat "délétère" de la campagne pour la primaire de la droite. Et qui martèle que "les Français refusent absolument que 2017 soit le remake de 2012".

 

À LIRE AUSSI

Image
Macron-Ministre-Economie
Emmanuel Macron: petit tour d'horizon de ses principaux soutiens
A quelques mois de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron a laissé les clés du ministère de l'Economie à Michel Sapin pour se consacrer entièrement à son mouvement...
31 août 2016 - 19:00
Politique
Image
Emmanuel Macron en meeting à la Mutualité de Paris, le 12 juillet 2016.
Présidentielle 2017: "je ne suis pas là pour beurrer les tartines" confie Macron
Questionné sur sa possible candidature à l'élection présidentielle de 2017, lors d'un déplacement ce jeudi dans une ferme du Cantal, Emmanuel Macron a répondu qu'il n'...
08 septembre 2016 - 13:27
Politique
Image
Jean-Christophe Lagarde, président UDI.
Jean-Christophe Lagarde critique la "culture du parti unique" de Sarkozy
Le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde a critiqué ce mercredi la "culture du parti unique" de Nicolas Sarkozy. La veille, lors d'une réunion des sénateurs LR, c...
08 juin 2016 - 12:45
Politique

Dessin de la semaine

Soutenez l'indépendance deLogo FranceSoir

Faites un don

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription à la Newsletter hebdomadaire de FranceSoir est confirmée.

La newsletter FranceSoir

En vous inscrivant, vous autorisez FranceSoir à vous contacter par e-mail.