Présidentielle - droites, gauches, centre: lundi soir, les candidats ont enfin eu un vrai débat d'idées (et lancé la campagne)

  •  SOUTENEZ L'INDEPENDANCE DE FRANCESOIR, FAITES UN DON !  

Présidentielle - droites, gauches, centre: lundi soir, les candidats ont enfin eu un vrai débat d'idées (et lancé la campagne)

Publié le 21/03/2017 à 10:36 - Mise à jour à 18:58
© Patrick KOVARIK / POOL/AFP
PARTAGER :

Auteur(s): Pierre Plottu

-A +A

Le débat de lundi soir sur TF1 entre les cinq "gros" candidats à la présidentielle a été d'un très bon niveau. La formule a ainsi permis à Mélenchon, Fillon, Hamon, Le Pen et Macron d'exposer et confronter leurs idées. Et aux électeurs de se faire un avis sur le fond.

C'était inédit à plus d'un titre. Grande première, un débat télévisé avant le premier tour d'une élection présidentielle française. Novateur, une formule et une disposition favorisant le débat. Rare une telle qualité des échanges. Décriée, l'absence de six des onze candidats... Lundi 20 au soir sur TF1, les "gros" candidats à l'Elysée ont débattu et se sont écharpés. Mais ont aussi, et surtout, rappelé aux téléspectateurs que oui, les clivages politiques ont encore un sens en 2017. Au-delà des affaires et autres formules toutes faites, le 23 avril et le 7 mai prochains les électeurs auront à faire un choix. Un vrai choix.

"Et de gauche et de droite", champions autoproclamés de l'antisystème ou pourfendeurs d'un prétendu bloc "UMPS" monolithique, voire un peu de tout à la fois: les principaux candidats à cette présidentielle se définissent hors des marqueurs politiques historiques. Et pourtant, lundi soir sur le plateau de TF1, Marine Le Pen, François Fillon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont porté haut la bannière de leurs camps respectifs. Non, l'extrême gauche, la gauche, le centre, la droite et l'extrême droite ne sont pas des gros mots, mais des réalités idéologiques correspondant à des positionnements et des visions marqués sur la question sociale (volonté de partage des richesses contre dénonciation de l'assistanat), la laïcité, l'économie, les frontières, l'immigration...

Longtemps avortée par les affaires touchant LR et le FN, la campagne présidentielle 2017 est enfin lancée, le débat d'idées enfin venu au monde. A un mois seulement du premier tour il était temps et les électeurs impatients, comme le prouve les près de 10 millions de téléspectateurs au rendez-vous lundi soir (48% de part d'audience!).

Si les positions restent structurantes, une autre réalité a sauté aux yeux lundi soir: ceux qui les tiennent ont bien changé. Hier dominé par le PS et le RPR (devenu l'UMP puis LR), le débat politique est aujourd'hui dominé par le centre et les extrêmes.

Au-delà du duel annoncé et renforcé par ce débat entre les deux favoris Emmanuel Macron et Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon a également brillé. C'était attendu, tant l'homme est connu pour être un tribun, un combattant, mais ce qui l'était moins était que ce trio éclipse François Fillon et Benoît Hamon. Autrefois inexistants (Emmanuel Macron) ou cantonnés au rôle de challengers (Mélenchon et Le Pen), les "petits" ont ainsi mangé médiatiquement et idéologiquement les "gros", lundi soir. Ce sont eux qui ont fait le débat, leurs propositions qui ont structuré les échanges, leurs personnalités et leurs "clashs" qui ont focalisé l'attention.

A tel point qu'un second tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, hypothèse qui prend forme au vu des sondages et de leur dynamique, deviendrait presque logique tant chacun d'eux semble porter une vision politique qui prend ses racines dans la société d'aujourd'hui. On notera au passage l'exploit de la présidente du FN, dont la stratégie de dédiabolisation a si bien porté ses fruits, qu'un "21 avril 2002 bis" n'apparaît plus comme une nouvelle anomalie mais une réalité implacable. Enfin, une autre possibilité prend forme: et si Jean-Luc Mélenchon siphonnait les voix de Benoît Hamon, par ailleurs pris en tenaille entre le ténor "Insoumis" et Emmanuel Macron

Auteur(s): Pierre Plottu


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




PARTAGER CET ARTICLE :


Près d'un Français sur deux était devant sa télévision lundi soir pour regarder le débat entre les cinq candidats majeurs.

Annonces immobilières

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-