Primaire de la droite: comment François Fillon veut effacer toute référence à une durée du travail

Primaire de la droite: comment François Fillon veut effacer toute référence à une durée du travail

Publié le :

Lundi 17 Octobre 2016 - 15:28

Mise à jour :

Samedi 19 Novembre 2016 - 18:02
Certains sont pour les 35 heures, d'autres les 37 ou un retour aux 39. François Fillon, lui, ne veut rien de tout cela et propose qu'il n'y ait tout simplement plus de durée légale du travail, chaque entreprise décidant ce qui est le mieux pour elle, et payant ses salariés en fonction. Quel impact sur la vie quotidienne des Français? Décorticage.
©Eric Gaillard/Reuters
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François Fillon, ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy est radical et il n’ s’en cache pas: pour lui pas de 35 heures, de 37 heures ou de 39 heures, le candidat présenté comme le plus "libéral" de la primaire de la droite veut tout simplement supprimer de la loi la référence à un temps de travail de base.

Comment alors le temps de travail sera-t-il défini dans l’entreprise? François Fillon plaide pour l’on laisse "les entreprises libres de négocier via des syndicats ou via référendum", dans une "logique gagnant/gagnant". Autrement dit, que chaque entreprise définisse sa propre durée du travail.

Quelles seront les conséquences pour les salariés? Primo, la fin théorique des 35 heures comme seuil du déclenchement des heures supplémentaires. François Fillon ne précise pas (encore) en effet la régularité avec laquelle l’accord pourrait être revisité, mais un seuil fixé assez haut mettrait de fait fin à la possibilité de faire des heures supplémentaires, donc d'accéder à ces heures payées 25% de plus (et même 50% au-delà de 43 heures de travail dans la semaine). Contrairement à Nicolas Sarkozy dont il a critiqué l’incohérence sur la question lors du premier débat télévisé, François Fillon ne propose rien sur les heures supplémentaires, qui deviendraient probablement anecdotiques.

Secundo, lorsqu’un salarié change de travail, il pourra donc se retrouver dans une entreprise dont l’accord sur le nombre d’heures hebdomadaires n’est pas le même, sans possibilité de négociation puisqu’aucune loi ne viendra encadrer l’accord librement consenti (en principe) entre employeurs et employés. Autrement dit, ce sont les partenaires sociaux au moment de la négociation qui définiront un temps de travail qui s’imposera ensuite à tous les futurs employés.

Dernier point enfin concernant les fonctionnaires: pour eux la règle est claire selon François Fillon: "Il faut que la fonction publique passe à 39 heures" avant de préciser "sinon il n'y aura pas d'accord dans les entreprises". Un ajout important qui envoie clairement le message que pour celui que les sondages créditaient d’environ 12% au premier tour avant une remontée spéctaculaire, la "norme" des futures négociations sera plutôt 39 heures que 35.

Si une telle modification est possible juridiquement, elle sera cependant limitée par la directive européenne sur le temps de travail qui rappelle que la durée moyenne de travail sur une semaine ne peut pas excéder 48 heures… heures supplémentaires incluses.

 

Pour François Fillon, la loi doit seulement définir la durée de travail des fonctionnaires, soit 39 heures dans son programme.


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