Primaire à droite: NKM combative à la primaire, un ministère en ligne de mire

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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP
Publié le 08 novembre 2016 - 14:32
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Nathalie Kosciusko-Morizet, à l'Assemblée nationale.
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Nathalie Kosciusko-Morizet, armée de sa "liberté de parole", est plus combative que jamais, avec l'espoir de décrocher un ministère au printemps.
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Son échange musclé avec Nicolas Sarkozy a été l'un des temps forts du deuxième débat de la primaire de la droite: Nathalie Kosciusko-Morizet, armée de sa "liberté de parole", est plus combative que jamais, avec l'espoir de décrocher un ministère au printemps. Les sondages pour le premier tour de la primaire, le 20 novembre, la placent en queue de peloton, avec un score de 2 à 4%, juste devant Jean-Frédéric Poisson et Jean-François Copé.

Mais l'essentiel pour l'ex-ministre, ex-numéro deux du parti Les Républicains, remerciée fin 2015 par son président Sarkozy sur fonds de désaccords répétés - notamment sur la stratégie électorale face au Front national - est de faire entendre sa différence. "Nous avons changé de monde", a-t-elle titré son dernier livre, dans lequel elle expose sa vision d'une société transformée par la révolution numérique. Question également abordée par François Fillon ou Alain Juppé, effleurée par Nicolas Sarkozy.

Mais NKM va plus loin que les deux premiers. "La rencontre entre le numérique et le mouvement d'émancipation qui est en train de bouillonner" va transformer la société, avec l'effacement progressif du salariat au profit du travail indépendant. D'où la nécessité de "se réorganiser, de fixer de nouvelles règles du jeu".

Parmi ses propositions, qu'elle déclinera à nouveau mercredi soir lors d'un meeting salle Wagram à Paris (là même où s'était déroulé le deuxième débat, le 3 novembre) figure la création d'une "chambre de citoyens virtuelle, permettant à chaque Français de proposer directement une réforme". Au-dessus de 500.000 signatures en ligne, le Parlement serait tenu de débattre du texte.

Ses autres propositions sont pour elle autant d'occasions de "tirer en pleine face" sur ses concurrents. L'ex-ministre de l'Ecologie accuse Nicolas Sarkozy d'avoir renié son Grenelle de l'environnement, veut "maintenir le collège unique" et "non pas trier les enfants à dix ans", ce qui vise Bruno le Maire, et prévoit de baisser impôts et charges de 100 milliards d'euros dès le début du quinquennat, de quoi faire s'étrangler Sarkozy.

Lors de ses interventions, elle n'oublie jamais de rappeler qu'elle doit sa capacité d'adaptation à sa formation d'ingénieur (Polytechnique, puis eaux et forêts), quand plusieurs de ses concurrents sortent de l'ENA.

Pour mieux vanter sa modernité, la benjamine du scrutin (43 ans) diffuse depuis dimanche sur les réseaux sociaux une affiche décalée pour son meeting de mercredi. Sur fond de minitel, star de la bureautique des années 1980, on y lit "Certains candidats pensent que c'était mieux avant". Un concept qu'elle décline avec la photo d'un annuaire, d'une disquette ou d'une machine à écrire.

Seule femme de la compétition, la députée de l'Essonne, qui avait échoué à prendre la mairie de Paris à la socialiste Anne Hidalgo en 2014, avait imposé sa présence au terme d'un marathon l'été dernier sur les plages du littoral atlantique, à la recherche de ses parrainages. L'aide de Juppé, venu à sa rencontre à Hossegor (Landes) en lui promettant de l'aider à obtenir les précieuses signatures, a été déterminante.

Quand on lui demande quel finaliste elle soutiendra lors du duel Juppé-Sarkozy qu'annoncent les sondages pour le second tour, NKM répond: "Laissez-moi d'abord défendre mes idées."

Mais vu l'aigreur de ses échanges avec Nicolas Sarkozy lors du deuxième débat, sa préférence ne fait guère de doute. "Je ne regrette pas de t'avoir nommée ministre mais je ne suis pas sûr de le refaire", lui a lancé M. Sarkozy. "Tu n'en auras pas l'occasion", a rétorqué celle qui s'imaginerait volontiers ministre sous une éventuelle présidence Juppé, peut-être à la Défense comme le plaident certains de ses partisans.

 

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