Primaire à gauche: Valls et Hamon débattent avec fougue mais sans s'étriper

  •  SOUTENEZ L'INDEPENDANCE DE FRANCESOIR, FAITES UN DON !  

Primaire à gauche: Valls et Hamon débattent avec fougue mais sans s'étriper

Publié le 26/01/2017 à 07:20 - Mise à jour à 07:23
©Bertrand Guay/AFP
PARTAGER :

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

-A +A

Les attaques virulentes de ces derniers jours avaient laissé craindre que le débat de mercredi entre Manuel Valls et Benoit Hamon ne vire au pugilat. Mais les deux candidats, s'ils ont activement défendu leurs positions respectives et souvent antagonistes, ont pris garde à ne pas sombrer dans des polémiques qui auraient nui au vainqueur du second tour dimanche.

Les deux finalistes de la primaire initiée par le PS, Benoît Hamon et Manuel Valls, ont affiché mercredi 26 au soir leurs profondes divergences, sur le travail et la laïcité notamment, lors d'un débat télévisé d'entre-deux-tours de bonne tenue et sans acrimonie.

Pendant deux heures, les deux hommes ont défendu pied à pied leur vision de la gauche tout en ayant visiblement à cœur, après les joutes violentes des derniers jours, de ne pas donner le sentiment d'incarner deux gauches "irréconciliables".

Et tous deux sont tombés d'accord, face à l'affaire d'emploi présumé fictif qui vise l'épouse du candidat de la droite François Fillon, pour proposer d'interdire l'emploi par un parlementaire d'un parent proche.

Le débat a tourné à l'avantage de M. Hamon, si l'on en croit un sondage Elabe pour BFMTV réalisé auprès de 1.215 téléspectateurs et publié aussitôt après : 60% ont jugé le député de Trappes plus convaincant que son rival (37%). Une proportion sensiblement identique chez les sympathisants de gauche (61% contre 36%).

D'un côté, Benoît Hamon, tenant d'une gauche capable de proposer "un futur désirable, propulser un imaginaire puissant", grâce notamment à son revenu universel d'existence qui a encore focalisé une partie de ce débat de l'entre-deux-tours diffusé par TF1, France 2 et France Inter.

De l'autre, Manuel Valls, en position de challenger (31,48% au premier tour) derrière son ex-ministre de l'Education (36,03%), et à l'offensive pour défendre une gauche "crédible", désireuse de "ne pas créer d'illusion".

Le thème du travail, qui a ouvert la soirée, a donné le ton pour la suite. "Je ne veux pas d'une vision disant au fond le travail disparaît, on s'y résout, et après tout on partage", a lancé M. Valls dès les premières minutes, accusant son adversaire de porter un "message de découragement" et "d'abdication" sur le chômage avec sa proposition d'un revenu universel, toute en reconnaissant sa "cohérence".

Benoît Hamon, qui défend notamment la semaine de 32 heures, a souligné son "désaccord important avec Manuel Valls", lui reprochant de n'avoir à opposer aux "études" sur l'impact du numérique sur le travail que sa "foi" et sa "croyance".

Même mésentente cordiale sur le thème des déficits et de la dette: alors que Manuel Valls a défendu la maîtrise de la dépense publique et des déficits, Benoît Hamon a plaidé pour des investissements importants en matière de transition énergétique, quitte à aggraver les déficits.

"On négocie avec les banquiers, pas avec la nature", a-t-il répété. "L'option politique que je propose, ce n'est pas de dire que ce qui va peser sur l'avenir de mes filles, c'est la dette".

La discussion s'est envenimée sur le sujet de la laïcité et du voile islamique, thèmes chers à Manuel Valls. "Notre rôle, c'est de ne jamais stigmatiser. Mais c'est de dire à ces femmes et ces jeunes filles, qui vivent cet ordre machiste que nous sommes là pour les aider à s'émanciper", a exposé l'ancien ministre de l'Intérieur, après avoir taxé cette semaine d'"ambiguë" la position de M. Hamon sur l'islamisme radical.

Rappelant que Benoît Hamon s'était exprimé contre la loi interdisant le port du voile intégral, en 2010, Manuel Valls a pointé du doigt le fait qu'un de ses porte-parole, Alexis Bachelay, avait organisé une réunion avec le Collectif contre l'islamophobie en France contre la prolongation de l'état d'urgence.

"Là où une femme décide librement de porter le foulard islamique, et il en existe, peu importe ce que nous pensons, au nom de la loi de 1905, elle est libre de le faire, et moi je veux lui assurer cette liberté", a plaidé M. Hamon, citant... François Hollande: la laïcité, "c'est l'art de vivre ensemble".

Après avoir regardé en différé le premier débat de la primaire, le chef de l'Etat, grand absent de cette compétition, a regardé celui-ci depuis l'Elysée, selon son entourage.

Le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a salué une "conversation de haute qualité". Reste à voir si cela sera suffisant pour faire oublier les couacs des derniers jours sur la participation au premier tour.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP


Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




PARTAGER CET ARTICLE :


A part sur la laïcité, les deux candidats ont pris garde à ne pas s'enflammer plus que nécessaire.

Annonces immobilières

Newsletter


Fil d'actualités Politique




Commentaires

-