Quand le pape François demande devant Laurent Wauquiez de ne pas "oublier les migrants"

Quand le pape François demande devant Laurent Wauquiez de ne pas "oublier les migrants"

Publié le :

Jeudi 01 Décembre 2016 - 10:11

Mise à jour :

Jeudi 01 Décembre 2016 - 10:42
©Christian Hartmann/Reuters
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Laurent Wauquiez était mercredi parmi les 260 élus français présents au Vatican pour rencontrer le pape François. Le vice-président du parti Les Républicains qui a largement critiqué l'accueil des migrants en France était donc aux premières loges (littéralement) pour entendre le souverain pontife demander aux élus français d'écouter "les migrants qui ont fui leurs pays à cause de la guerre, de la misère, de la violence".

La phrase du pape François n'a a priori rien d'une pique, d'autant plus qu'il s'agit d'un sujet qu'il aborde régulièrement. Mais devant Laurent Wauquiez, elle peut passer pour un rappel à l'ordre. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a en effet rencontré le souverain pontife mercredi 30, en même temps que 260 autres élus français, à l'occasion d'un pèlerinage organisé sous la direction du cardinal Barbarin.

La Vie rapporte que devant cette assemblée, le pape a déclaré: "que la recherche du bien commun qui vous anime vous conduise à écouter plus particulièrement toutes les personnes en situation de précarité, sans oublier les migrants qui ont fui leurs pays à cause de la guerre, de la misère, de la violence. Ainsi, dans l’exercice de vos responsabilités, vous pourrez contribuer à l’édification d’une société plus juste et plus humaine, d’une société accueillante et fraternelle".

Un "sans oublier les migrants" qui a une résonnace particulière devant Laurent Wauquiez, qui plus est assis au premier rang de l'assistance. Car si le pape François a fait de l'aide aux pauvres et aux déplacés la principale marque de son "mandat", l'élu a déjà marqué le sien par une position stricte en la matière.

L'ancien président par intérim et désormais vice-président du parti Les Républicains a en effet largement dénoncé le choix du gouvernement d'installer des centres d'accueil et d'orientation pour les migrants un peu partout en France, notamment pour accueillir ceux de la "Jungle" de Calais après son démantèlement.

Il a été à l'origine d'une pétition intitulée "Non au plan de Cazeneuve de répartition des migrants de Calais dans nos régions", qui fustigeait la création de multiples "jungles", y préférant des "centres internationaux de rétention à proximité de la zone syro-irakienne". Une position critiquée jusque dans son propre camp et qui n'est pas vraiment en accord avec les propos du pape François.

Le souverain pontife avait-il connaissance de la position particulière de Laurent Wauquiez et l'aurait-il personnellement visé parmi plus de 200 élus, de droite comme de gauche, présents. Difficile à croire, mais l'effet de contraste demeure.

Interrogé par La Croix, Laurent Wauquiez a justifié sa position: "j’ai demandé qu’on n’impose pas à des élus l’accueil de migrants contre leur volonté. (...) Mais je ne me permets pas de critiquer le pape : il adresse aux croyants un questionnement qui mérite d’être écouté. J’accueille ce questionnement tout en le mettant en rapport avec ma responsabilité d’élu. (...) Notre pays n’a pas une capacité d’accueil infinie".

 

Le pape François a demandé aux élus français d'"écouter plus particulièrement toutes les personnes en situation de précarité, sans oublier les migrants".

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