"Qui imagine le général de Gaulle mis en examen?": Georges Fenech chronique le désastre de la candidature Fillon

"Qui imagine le général de Gaulle mis en examen?": Georges Fenech chronique le désastre de la candidature Fillon

Publié le :

Mercredi 05 Juillet 2017 - 17:40

Mise à jour :

Mercredi 05 Juillet 2017 - 18:10
Dès le début de l'affaire des emplois fictifs présumés de Penelope Fillon, il a tenu à tirer la sonnette d'alarme en pressentant la catastrophe électorale à venir. Georges Fenech, ancien député LR, publie "Qui imagine le général de Gaulle mis en examen" aux éditions First (en librairie le 6 juillet) et montre de l'intérieur l'ambiance surréaliste qui régnait au sein du premier cercle de François Fillon dont les membres, pressentant la défaite, n'ont rien pu faire pour l'éviter.
© Christophe ARCHAMBAULT / AFP/Archives
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Il a été l'un des seuls élus Les Républicains à appeler dès le début du "Penelope Gate" au retrait de François Fillon. Pour lui, nul inimitié personnelle, seulement la certitude que la campagne électorale du vainqueur de la primaire de la droite n'était plus possible et que la droite courait à la défaite. Les faits lui ont donné raison.

Dans son Qui imagine le général de Gaulle mis en examen (rappelant une pique de François Fillon à l'encontre de Nicolas Sarkozy), aux éditions First (disponible le 6 juillet), c'est un Georges Fenech qui était encore député du Rhône et cadre de LR tient la chronique d'un désastre annoncé. Il nous plonge dans le quotidien de l'obstination d'un candidat qui s'est accroché jusqu'au bout –la défaite au premier tour– et un camp qui n'a jamais su l'écarter alors que (presque) tout son entourage, jour après jour, comprenait quelle serait l'issue fatale pour la droite. Mais n'a pourtant jamais su faire le nécessaire.

Ce n'est pas tant pour le rappel des faits –connus du grand public passionné par les péripéties de l'affaire Fillon– que pour la description de l'étrange ambiance régnant au sein de LR que ce livre apporte une contribution pour mieux comprendre ce qui restera le scandale politique de cette présidentielle. Ironie du sort, ou clin d'œil mordant, Georges Fenech qui a présidé la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) n'hésite pas à parler "d'emprise mentale" pour décrire ce qu'il compare quasiment à une ambiance sectaire au sein de LR qui finit en "suicide collectif, ici politique".

L'auteur nous propose une plongée dans le premier cercle des élus ou LR où, en privé, de nombreuses voix le soutiennent mais où aucun groupe d'ampleur ne parviendra à s'organiser pour parvenir à obtenir le retrait de François Fillon qui hésitera plusieurs fois mais "tiendra bon", certain qu'il était d'être auréolé de la légitimité depuis sa large victoire à la primaire de la droite.

Georges Fenech essaiera d'apporter ses réponses aux interrogations qui le hantent sans doute encore: pourquoi François Fillon s'est-il obstiné jusqu'à l'absurde, pourquoi des remplaçants possibles et presque déclarés (François Baroin ou Laurent Wauquiez notamment) ne sont-ils pas allés jusqu'au bout, et pourquoi les "autorités morales" de LR (Bernard Accoyer, Gérard Larcher voire Nicolas Sarkozy) n'ont pas cherché outre mesure à convaincre le candidat de se retirer alors que tous les signaux étaient au rouge sur le terrain. Georges Fenech apporte quelques éléments, mais se pose sans doute encore des questions. Le 18 juin 2017, il s'est incliné au deuxième tour élections législatives dans la 11e circonscription du Rhône face au candidat LREM Jean-Luc Fugit qui faisaient ses premiers pas en politique.

Dès le début, Georges Fenech a appelé au retrait de François Fillon, sans succès.


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