Radicalisés autorisés à détenir des armes: Gérard Collomb veut "traiter le problème"

Radicalisés autorisés à détenir des armes: Gérard Collomb veut "traiter le problème"

Publié le :

Jeudi 06 Juillet 2017 - 08:57

Mise à jour :

Jeudi 06 Juillet 2017 - 09:07
© PHILIPPE DESMAZES / AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Devant la commission des lois du Sénat mercredi, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé avoir demandé aux préfets d'identifier les individus radicalisés afin de vérifier s'ils étaient autorisés à détenir des armes. C'était le cas d'Adam Djaziri, auteur de l'attaque des Champs-Elysées de juin. Un "dysfonctionnement" pour le ministre.

Après l'attentat manqué d'Adam Djaziri sur les Champs-Elysées le 19 juin, la polémique avait enflé car le terroriste, lourdement armé ce jour-là, détenait de nombreuses armes à feu en toute légalité, et ce bien qu'il soit concerné par une fiche S de haut niveau pour radicalisation.

Une situation qui a poussé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb à demander une "nouvelle évaluation" des personnes fichées et susceptibles de détenir des armes. Devant la commission des lois du Sénat mercredi 5, le ministre a déclaré que les services de l'Etat avaient recensé une centaine de personnes se trouvant dans une telle situation, à la fois fichées et disposant d'une autorisation de détention d'armes.

Voyant dans le cas d'Adam Djaziri -tué dans l'attaque- un "dysfonctionnement", Gérard Collomb a déclaré: "J'ai écrit à l'ensemble des préfets pour regarder ces situations-là et j'ai demandé (...) d'identifier l'ensemble des individus inscrits au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère Terroriste (FSPRT) (...) de manière à pouvoir agir et à traiter les problèmes".

A noter donc que ce ne sont pas l'ensemble des fichés S qui semblent concernés par une éventuelle restriction mais les personnes connues pour radicalisation. Les fiches S (pour atteinte à la sûreté de l'Etat) peuvent concerner aussi bien des individus suspectés de vouloir commettre des attentats que des activistes politiques ou des hooligans et comportent plusieurs niveaux de dangerosité. Elles concernent plusieurs milliers de personnes en France dont certaines sont fichés non pour des actes répréhensibles mais pour leurs fréquentations.

Licencié depuis plusieurs années à la Fédération française de tir et remplissant les conditions (notamment de casier judiciaire) requises, Adam Djaziri était autorisé à détenir des armes de catégories B qui inclut notamment les pistolets et carabines semi-automatique. Il ne s'agit pas d'un permis de "port d'armes" au sens strict puisque leur transport est très encadré. De plus, les armes "de guerre", c'est à dire capable de tirer en rafale, comme les fameuses kalachnikov, appartiennent à la catégorie A et sont totalement interdites.

 

Gérard Collomb a demandé une "nouvelle évaluation" des personnes fichées et susceptibles de détenir des armes.

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