Résultat présidentielle: le Conseil constitutionnel détaille les bureaux de vote où le scrutin a été annulé pour irrégularités

Résultat présidentielle: le Conseil constitutionnel détaille les bureaux de vote où le scrutin a été annulé pour irrégularités

Publié le :

Jeudi 11 Mai 2017 - 12:00

Mise à jour :

Jeudi 11 Mai 2017 - 12:08
© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Le Conseil constitutionnel, garant de la régularité du vote, a annoncé avoir invalidé les résultats dans les bureaux d'une vingtaine de communes, un peu partout sur le territoire. En cause: des irrégularités procédurales, parfois minimes, parfois flagrantes, mais sur lesquelles les autorités ne transigent jamais.

Le Conseil constitutionnel a proclamé officiellement les résultats de l'élection présidentielle, qui confirme bien entendu la victoire d'Emmanuel Macron, avec précisément 66,10% des voix contre 33,90% à Marine Le Pen.

Et comme lors du premier tour le 23 avril, les sages de la rue de Montpensier ont également détaillé les bureaux de vote pour lesquels les résultats ont été invalidés. Dans 20 communes des irrégularités ont été constatées entraînant l'annulation pure et simple du scrutin.

Le plus souvent, les irrégularités concernent des "classiques" des élections: un nombre d'assesseurs insuffisant au moment d'un contrôle (ils doivent toujours être au moins deux pour tenir le bureau), un PV mal rempli, des résultats mal transmis en préfecture ou des listes d'émargement signées avant de glisser le bulletin dans l'urne (elles doivent absolument l'être après).

Mais quelques bureaux de vote ont réservé d'autres surprises. Dans les quatre bureaux de la commune de Millas (Pyrénées-Orientales), et dans les communes de Montbel (Ariège), de Vaudreville (Manche), de La Chapelle-sur-Usson (Puy-de-Dôme) et de Maconcourt (Vosges), les électeurs avaient trois bulletins sur la table et non pas deux. En plus d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, il y avait une pile de bulletins blancs disponibles. Or, le vote blanc en France, qui est comptabilisé, se fait en laissant son enveloppe vide ou en glissant soi-même un morceau de papier blanc. Mais ce n'est pas une option que doit proposer le bureau de vote, qui dans les cas précités a pris lui-même la liberté de mettre des bulletins à disposition. Ignorance de l'interdiction ou geste militant pour un vote où quatre millions de blancs et nuls ont été comptabilisés? Qu'importe, pour le Conseil constitutionnel c'est non.

Dans un bureau de Givors (Rhône) le vote a été invalidé car le lieu du dépouillement était fermé au public. Or, assister à l'ouverture des bulletins est un droit garanti pour les citoyens. Deux bureaux de vote à Bastia ont été invalidés: dans le premier, le président du bureau était en possession de deux clés de l'urne, ce qui est interdit, et dans l'autre, l'urne était purement et simplement ouverte pendant le vote.

Autre motif pour le moins insolite, à Canteleux et Guinecourt, deux communes du Pas-de-Calais peu peuplées (respectivement 8 et 12 bulletins de vote), les personnes en charge de tenir le bureau ont dû trouver le temps long et ont fermé les lieux à respectivement 15h et 17h. Une pratique interdite. Même dans le cas, certes théorique, où absolument tous les électeurs d'un bureau sont venus voter, et où plus personne n'est attendu, celui-ci doit fermer à 19h.

Mais la palme de l'irrégularité la plus étrange revient au bureau numéro 5 de Mamoudzou, dans le département ultramarin de Mayotte. Les électeurs se sont en effet vu remettre des enveloppes… avec un bulletin déjà glissé à l'intérieur. Alerté, le président du bureau de vote n'a pas jugé nécessaire de mentionner l'incident.

Le vote a été invalidé parfois pour des raisons très pointues, et parfois plus... inattendues

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