Syrie: la Russie et la Turquie s'entendent sur un cessez-le-feu excluant "les groupes terroristes"

Syrie: la Russie et la Turquie s'entendent sur un cessez-le-feu excluant "les groupes terroristes"

Publié le :

Mercredi 28 Décembre 2016 - 15:56

Mise à jour :

Mercredi 28 Décembre 2016 - 16:06
©Alexander Nemenov/AFP
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Un cessez-le-feu étendu à l’ensemble de la Syrie pourrait avoir été trouvé entre la Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad, et la Turquie, proche d'une partie des rebelles. Cet accord devrait être la base des négociations politiques entre le régime de Damas et les groupes opposants, que Moscou et Ankara veulent organiser en janvier à Astana, capitale du Kazakhstan.

C'est un nouveau camouflet infligé à l'ONU, aux pays occidentaux et aux monarchies pétrolière du Golfe qui réclament le départ de Bachar al-Assad comme condition sine qua non à un règlement politique de la guerre civile syrienne. Malgré leurs divergences dans ce conflit, la Turquie et la Russie qui coopèrent désormais en Syrie se sont entendues sur un accord de cessez-le-feu, a annoncé ce mercredi 28 l'agence progouvernementale turque.

Il devrait prendre effet à partir de mercredi soir minuit. Il vise à appliquer à tout le territoire syrien ce qui a été instauré à Alep, il y a deux semaines, et qui a permis d‘évacuer les civils de la deuxième ville de Syrie, après les intenses bombardements infligés aux quartiers aux mains des insurgés ces dernières semaines.

En cas de succès de la mise en place de cette trêve, dont les modalités restent à définir, cet accord devrait être la base des négociations politiques entre le régime de Bachar el-Assad et les groupes opposants, que Moscou et Ankara veulent organiser en janvier à Astana, capitale du Kazakhstan.

Tout comme de précédents accords négociés par les Etats-Unis et la Russie et qui ont rapidement tourné court, cet accord russo-turc exclut les "groupes terroristes", à commencer par Daech, mais aussi la plupart des groupes rebelles modérés qui ne sont pas chapeauté par la Turquie et bien évidemment, les forces kurdes des YPG, accusées par Ankara d'être la branche syrienne du parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) en conflit ouvert avec le pouvoir de Recep Tayyip Erdogan.

Le cas de Fatah al-Cham (ex al-Nosra) pourrait ainsi poser problème. Moscou les considère comme un groupe terroriste alors que la Turquie, depuis, 2014, les a retirés de sa liste.

Pour bien marquer le revirement dans le jeu des alliances et son rapprochement avec Moscou, le président islamo-conservateur turc a accusé l’Occident de soutenir, outre les milices kurdes que la Turquie considère comme terroristes, le groupe Etat islamique lui-même. Des accusations graves alors que la Turquie elle-même a été accusé d'une certaine mansuétude à l'égard du groupe djihadiste jusqu'en 2014 et que des journalistes turcs sont actuellement emprisonnés pour avoir enquêté sur des livraisons d'armes turques à destinations de Daech.

Le conflit syrien a fait plus de 310.000 morts depuis 2011 et entraîné la fuite de plus de la moitié de la population du pays.

 

Un cessez-le-feu étendu à l’ensemble de la Syrie pourrait avoir été trouvé entre la Russie, alliée du régime de Bachar al-Assad, et la Turquie, proche d'une partie des rebelles.


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