Tour Bolloré : En opération avec les Gilets Jaunes Constituants

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Tour Bolloré : En opération avec les Gilets Jaunes Constituants

Publié le 19/10/2020 à 11:36 - Mise à jour à 11:37
FranceSoir
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Auteur(s): FranceSoir

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Les mouvement des gilets jaunes depuis son début interpelle bien des citoyens français qui pour certains sans venir les rejoindre sur les lieux qu’ils tiennent souvent montrent leur soutien d’un geste de la main, d’une parole échangée au tour d’un rondpoint, ou d’une adhésion par le cœur en mettant le gilet jaune sur le tableau de bord de leur véhicule.  Pour la plupart, la seule fois qu’ils enfileront un Gilet Jaune se sera dans une situation d’urgence, voiture à l’arrêt ou bien à vélo pour s’être vu, toujours une situation de potentiel danger. Nous avons suivi les gilets jaunes constituants dans l’une de leur action un 8 octobre à la Tour Bolloré.  Ils étaient pour l’occasion associé avec une autre ONG Urgences Panafricanistes

Montrer patte blanche

Après plusieurs longues discussion avec Michka, sur le mouvement, les actions, les symboles des gilets jaunes, la détresse vécu, les pressions subies, l’entraide, les retrouvailles sur les ronds-points, les diverses opérations menées rondement dans divers endroits comme celle chez BFMTV, Michka nous passe en revue le manifeste (reproduit ici en annexe).  Ce n’est pas une lecture de ce document mais une réelle explication illustrée de propos économiques, sociétaux et d’expériences de vie.  Ce n’est pas une guerre contre la république mais un « combat contre la prédation oligarchique, bancaire et la corruption du système » nous dit Michka et mais contre l’instrumentalisation à tous les niveaux pour paupériser le peuple. Peuple qu’ils incarnent. Aucune violence dans ses propos juste de la détermination de trouver la voie pour être respecté en tant qu’être humain et pouvoir vivre dignement.  Ce n’est pas non plus du corporatisme qu’il dénonce aussi à sa manière puisque les délégués syndicaux sont trop souvent du mauvais côté.

Il m’explique que leur mouvement a longtemps réfléchi à sa mission et le manifeste en témoigne, ici ce ne sont pas les « sans dents » de François Hollande, mais bien des citoyens français éclairés qui dénoncent depuis longtemps la dérive d’un système globalisant qui va toujours plus loin.  Nous revendiquons comme dit Michka « la souveraineté du peuple ».

Nous évoquons les diverses opérations et la prochaine. Avant de nous « intégrer » il doit valider cela avec ses « camarades ».  C’est vrai nous sommes journalistes et ils ont déjà eu maille à partir avec les médias.  Pas de retour puis un matin, un message à à 6h38 du matin: 

RDV « 11H Rue Godefroy croisement rue de l'appel du 18 juin ». Sans autre information ni savoir la cible. Michka est retrouvé avec d’autres « camarades » et ça part. Les gestes barrières sont respectés, le masque est porté. Nous ne savons pas combien de personnes sont là mais les trottoirs se remplissent et nous apercevons des personnes qui marchent dans la rue et semblent se diriger vers une des tours de la défense.

Entrée dans la Tour Bolloré sans encombre. Le gilet jaune est mis à l’intérieur. Tout se passe dans le calme. Un mégaphone sort d’un sac à dos, un caméra vidéo pour relayer l’événement et le message délivré à celui qu’ils appellent « l’oligarque Bolloré. »

« On dénonce la prédation financière de Vincent Bolloré en Afrique, totalement censurée par ses propres médias. Une opération menée avec les Gilets Jaunes Constituants et l'ONG Urgences Panafricanistes. »

Ce n’est pas une personne qui prend la parole mais bien quatre pour délivrer un message, un avertissement en quelques sortes. Des chiffres sont donnés sur l’exploitation africaine. Un vingtaine de minute. Les employés, clients, fournisseurs de la Tour écoutent, regardent, commentent, filment avec leur smartphone.

Alertée, la police attend dehors en discussion avec un des Gilets Jaunes. Aucune marque de force ni de violence de part et d’autre, presque de la bienveillance, jusqu’à ce que la commandante demande à un des porte-paroles de décliner son identité. Un échange s’ensuit entre les deux parties et se conclut par un refus de décliner l’identité. Les arguments sont courtois et pas un mot au-dessus de l’autre. Les forces de l’ordre ont-elles reçus des instructions ? Toujours est-il qu’à aucun moment l’opération n’a été en état de dégénérer. Ils sont loin les présumés casseurs qui ont pollués certaines manifestation.  Michka nous expliquera après coup que c’est pour cela qu’ils veulent vraiment contrôler leurs opérations.

VOIR LA VIDEO EN ENTIER

Le retour sur opération

Après l’intervention, nous retrouvons l’équipe dans un café alentour pour un retour sur opération, chacun prend la parole pour dire ce qui était bien ou pas bien, ce qu’il faut améliorer pour la prochaine « opé ». Des discussions forts intéressantes sur ce qui se passe chez d’autres groupes de gilets jaunes où la grogne monte. Le confinement n’a pas aidé, les incohérences du gouvernement envers l’économie les inquiètent grandement.  Chacun à son niveau, plus à l’aise que d’autres prennent la tête mais même si on sent l’organisation rodée, c’est avant tout le collectif citoyen, et le respect qui apparait.

C’est bien la demande de souveraineté juridique, politique, économique et militaire pour tous les peuples qui apparait, peu importe la couleur de peau, la confession religieuse ou toutes autres considérations communautaristes.

 

Être gilet jaune

Le média faisait un article pour décrypter cet emblème visible et une couleur pas si évidente à arborer pour un mouvement social.  Son utilité principale est « d’être vu », ici dans une situation de détresse sociale, mais ce n’est pas vrai pour tout, l’habit ne faisant pas toujours le moine.  Des « Chemises rouges » en Thaïlande, au « parapluies jaunes » à Hong-Kong ou au « Pussy Hats » (bonnets roses) aux États-Unis, les manifestants ont cherché à incarner par un code vestimentaire ou une couleur (l’orange ukrainien) la protestation, tout en cherchant à subvertir ce « signe » d’identification. Dans la Rome antique et dans la Grèce classique, le vêtement représente le statut social et politique. Il oppose une catégorie des citoyens aux autres (femmes, métèques, esclaves …). Le gilet jaune serait-il le costume du peuple pour retrouver sa dignité perdue ?  C’est aussi quelque chose d’égalitaire puisque tout le monde en a dans sa garde-robe.  Le temps d’ouvrir une boîte à gants, le gilet jaune est donc devenu un marqueur symbole du mécontentement avec une impressionnante viralité.

 

MANIFESTE POLITIQUE des Gilets Jaunes Constituants, partie 1.

Citoyens gilets jaunes, nous avons décidé de ne plus nous laisser déposséder par ce système de valeurs, de pouvoirs et de manipulations ultralibérales.

Nous voulons vivre dignement de notre travail.

Nous voulons justice et reconnaissance pour nos anciens.

Nous voulons un avenir serein pour nos enfants.

Nous voulons vivre dans des communautés solidaires, participatives et écologiques qui respectent la nature et la vie.

Nous sommes des hommes et des femmes qui avons décidé ensemble de ne plus vivre à genoux et de refuser d’être instrumentalisés ou marchandisés.

Nous ne serons plus des variables d’ajustement économique et électorale!

Les Gilets Jaunes sont l’avant garde (r)évolutionnaire du peuple français; reprenons le pouvoir que nous avons délégué à ces représentants trop souvent corrompus, qui se révèlent incapables de servir le bien commun.

C’est au peuple français et à lui seul d’établir les règles de sa représentativité et d’exercer ses responsabilités en écrivant sa propre constitution.
Nous ne laisserons plus nos représentants politiques l’écrire à leur avantage et à celui des puissants.

Sans souveraineté monétaire intégrale, il ne pourra y avoir de réelle démocratie véritable viable. Aussi, nous devons rendre à la Banque De France le monopole de la création monétaire nationale et la garder sous le contrôle permanent du peuple.

Nous nous devons, dès maintenant, de rendre au quatrième pouvoir (presse, télévision, radio, instituts de sondage) son indépendance en libérant ces entreprises de l’emprise oligarchique, par l’instauration de coopératives de salariés-associés.

Aujourd’hui, mes amis, prenons l’engagement commun de continuer notre légitime et juste combat d’émancipation, jusqu’à ce que nous, le peuple, ayons repris notre destin en main.

Partout où nous sommes, ne cédons pas aux tentatives d’enfumage et de récupérations politiciennes et syndicales.

Les structures pyramidales, autoritaires et opaques des partis politiques et des syndicats ont trahi systématiquement, et cela depuis 50 ans, la cause du peuple.

Ces structures font partie du problème et ne pourront donc pas contribuer à sa résolution tant qu’elles resteront sous ces formes d’organisation.

Amis gilets jaunes, syndiqués et encartés, vous qui formez la base de ces syndicats et partis, il est temps d’y instaurer la démocratie directe et intégrale!

Il est temps que vous imposiez des mandats impératifs et les audits permanents des finances et du travail de vos représentants par des commissions tirées au sort parmi la base.

Vive la constitution citoyenne tirée au sort ! Force et Honneur ! On ne lâche rien !

 

Manifeste politique des Gilets Jaunes Constituants, partie 2.

Notre ennemi.

À la question de qui est notre ennemi, nous répondons que notre ennemi premier est l’ensemble des organisations financières et spéculatives ainsi que leurs ramifications dans les médias, les ONG, les think-tanks, les groupes de pression et les lobbies d’influence.

Nous constatons que la domination totalitaire de notre ennemi repose sur 4 piliers.

Premier pilier : le monopole de la création monétaire aux mains des banques privées.

Deuxième pilier : une dette illégitime, irremboursable et en continuelle augmentation.

Troisième pilier : le formatage de l’opinion publique par le contrôle oligarchique des médias de masse, des industrie du divertissement, des instituts de sondage et de certaines ONG pour promouvoir l'idéologie mondialiste, marchande et libérale. Ces entités travaillant à la destruction des principes moraux et éthiques à l'intérieur de la société et des frontières à son extérieur, au nom d'une prétendue marche vers le « progrès » et la « modernité ».

Quatrième pilier : la constitution (la loi au-dessus des lois) écrite par ceux qui devraient la craindre : nos représentants politiques.

À la question des buts matériels de notre ennemi, nous répondons : maximisation des taux de profits et élargissement infini du domaine de la marchandisation.

Ce totalitarisme financier et mondialisé est l’ennemi des gilets jaunes, des français et de tous les peuples souverains. Il ne s’arrêtera pas de lui même, et il finira par nous plonger tous, dans un chaos social et écologique absolu dans sa course folle au profit, porté par les valeurs du matérialisme, du consumérisme, de l’individualisme et du politiquement correcte.

Ne pas vouloir reconnaître et dénoncer cet implacable et inhumain ennemi, c’est se faire son allié objectif et son complice dans ses crimes.

Au delà de ses valets serviles et de ses idiots utiles, l’ennemi joue aussi de la lâcheté et de la résignation de chacun de nous.

Aussi pour la défense du bien commun, pour le respect de nos anciens, pour l’avenir de nos enfants et pour la sauvegarde de notre planète, nous devons fédérer toutes les énergies, tous les courages et toutes les volontés pour briser les reins du pire ennemi que notre humanité ait connu. Dans ce conflit titanesque, il n’y aura pas de place pour la modération et la neutralité, la seule alternative sera de vaincre ou de finir esclave.

L’histoire et nos enfants nous jugeront.

Force et honneur. On ne lâche rien!

 

Auteur(s): FranceSoir


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