Valls et Cazeneuve à la rencontre des "policiers en colère"

Valls et Cazeneuve à la rencontre des "policiers en colère"

Publié le :

Lundi 21 Novembre 2016 - 13:29

Mise à jour :

Lundi 21 Novembre 2016 - 13:36
©Philippe Huguen/AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Manuel Valls et Bernard Cazeneuve vont ce lundi à la rencontre des policiers, toujours en colère notamment contre le manque de moyens et suite à plusieurs agressions. Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur assurent être à l'écoute de la "base", alors que le mouvement a largement dépassé et dénoncé les syndicats.

Dialogue avec "la base" dans un commissariat, remontée des "cahiers de doléances": Manuel Valls et Bernard Cazeneuve se rendent ce lundi 21 à Alfortville (Val-de-Marne) après les manifestations inédites de "policiers en colère" qui ont défié leurs puissants syndicats, la hiérarchie et l'exécutif.

Le "message" que délivreront le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur ce lundi après-midi au commissariat de police d'Alfortville, "c'est que la police, c'est l'autorité de la sécurité, qu'il y a une nécessité du lien fort entre polices nationale et municipale", a expliqué Matignon.

A six mois de la présidentielle, dans un contexte de forte menace terroriste, M. Valls évoquera aussi les "moyens mis en œuvre durant ce quinquennat et l'effort à faire pour le prochain quinquennat".

Mercredi 23, Bernard Cazeneuve est attendu dans un autre commissariat de l'Essonne. Il tirera les "premiers enseignements" des "cahiers de doléances" promis durant les manifestations qui ont vu des milliers de policiers de base défiler, bravant ainsi leur devoir de réserve.

Le mouvement, inédit par son ampleur, a démarré le 17 octobre dans ce département avant de se propager à travers la France, pour nettement refluer ensuite. Il suivait l'attaque, le 8 octobre, de quatre policiers aux cocktails Molotov près de la cité de la Grande Borne à Viry-Châtillon (Essonne).

Le ministre de l'Intérieur a depuis annoncé une enveloppe de 250 millions d'euros de nouveaux matériels et véhicules. "Ce n'est pas une reprise en main", se défend une source gouvernementale, pour qui il s'agit "d'expliquer ce que contient ce plan" et "surtout d'écouter la base". Des dizaines de réunions de concertations débouchant sur des "cahiers de doléances" - qui seront "toutes prises en compte", selon Beauvau - ont déjà eu lieu localement.

Avant le rendez-vous de ce lundi, le terrain a été préparé. Bernard Cazeneuve et le directeur général de la police nationale (DGPN), Jean-Marc Falcone, ont multiplié les réunions, sans micros ni caméras, avec les policiers de terrain. Le DGPN avait été conspué au début du mouvement par des policiers manifestants à Evry (Essonne). Depuis, selon des sources policières officielles, les échanges ont été "fructueux et constructifs".

A Creil (Oise) la semaine dernière, le ministre et le DGPN se sont livrés à cet exercice de dialogue, a constaté un journaliste de l'AFP. "Je vous écoute, la parole est libre", a dit le ministre à Creil face à une quarantaine de policiers de tous grades un peu intimidés par l'aréopage de gradés et officiels présents.

Les questions ont fusé. Sur les matériels, notamment d'armes de nouvelle génération: quid de la formation, a dit l'un, et quand vont-ils arriver? Quid de l'avancement, de l'allègement des procédures et de la réforme des règles de la légitime défense?, ont interrogé d'autres, reprenant des revendications des manifestants de manière policée.

Des revendications qui circulent encore abondamment sur les réseaux sociaux, où la colère semble loin d'être tarie et où le mouvement tente, non sans mal, de s'organiser. "Les réunions, elles ont été cornaquées" et "ciblées", "les +cahiers de doléances+ on va leur en faire dans la rue", ils ne "répondent pas au malaise", dénonce un policier interrogé par l'AFP.

Un autre fustige des "effets d'annonce" et assure que le mouvement "se structure", avec la création récente d'une association des "policiers en colère", qui a notamment pour objectif d'organiser une "grande manifestation" nationale.

Neuf mille emplois créés sur les 13.000 promis par le gouvernement d'ici la fin du quinquennat, des avancements facilités, des appels d'offre passés en urgence pour 5.500 armes nouvelles, a répondu le ministre à Creil. Une proposition de loi modifiant la légitime défense doit être présentée "dans les trois semaines qui viennent".

"Ce sont des actes, jamais un gouvernement n'a autant fait", a plaidé M. Cazeneuve. Quelques centaines de policiers ont encore manifesté samedi à Béziers (Hérault), demandant davantage de moyens.

 

Le gouvernement a proposé aux "policiers en colère" de remplir des "cahiers de doléances".


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