Vaste mouvement social en Guyane: barrages, écoles fermées et lancement d'Ariane reporté

Situation bloquée

Vaste mouvement social en Guyane: barrages, écoles fermées et lancement d'Ariane reporté

Publié le :

Vendredi 24 Mars 2017 - 12:04

Mise à jour :

Vendredi 24 Mars 2017 - 12:10
La contestation sociale née des négociations sur le plan d'aide à la Guyane continuait jeudi, après une semaine de tensions. Plusieurs villes sont paralysées par les barrages mis en place par des groupes aux revendications variées. Le prochain lancement d'Ariane 5 a même dû être reporté à trois reprises.
© jody amiet / AFP/Archives
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La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Grèves, blocages, barrages dans les rues, écoles fermées et même reports successifs du prochain lancement de la fusée Ariane. La situation restait chaotique, jeudi 23, dans une Guyane confrontée à une grogne sociale d'une grande ampleur qui rassemblent aussi bien des salariés d'EDF que d'Endel, des personnels de l'hôpital de Kourou, des agriculteurs, la communauté amérindienne et un collectif contre l'insécurité.

La contestation dure depuis le 16 mars dernier. Elle a débuté à l'occasion la venue sur place de la ministre de l'Environnement Ségolène Royal, venue notamment pour évoquer le "pacte d'avenir" qui doit permettre de débloquer des moyens supplémentaires et de lancer plusieurs chantiers dans un territoire frappé par un taux de chômage supérieur à 20% et l'insécurité liée notamment au trafic de drogue.

Insuffisant pour de nombreux mouvements et les députés et sénateurs de Guyane, qui avaient demandé mercredi 22 un "plan Marshall". Les parlementaires ont jugé "inconcevable de demander aux manifestants de (...) lever les blocages pour venir s'entretenir avec les cabinets ministériels dans les bureaux parisiens".

Sur ces considérations se sont greffées d'autres, notamment celle des Amérindiens contre le "vol" de leur terre et un projet d'extraction aurifère controversé, ainsi que les associations de lutte contre l'orpaillage.

Jeudi, plus d'une dizaines de barrages ont été érigés, bloquant plusieurs ronds-points autour des villes, comme à l'entrée de Cayenne. Dans un communiqué, le recteur a annoncé que les écoles, collèges, lycées étaient fermés "jusqu'à nouvel ordre".

La mobilisation a pris une dimension plus large pour dénoncer des problèmes de santé, d’éducation, d'économie et de sécurité. Sont aussi bloqués le Grand Port Maritime, la Collectivité Territoriale de Guyane, la Préfecture, les axes routiers.

Mais parmi ces barrages, certains sont "sauvages" et source de "rackets", a dénoncé jeudi soir le préfet de la région Guyane, ordonnant aux forces de l'ordre de les "éradiquer". "Seuls les barrages dressés par les collectifs seront maintenus", a-t-il ajouté.

Le décollage de la fusée Ariane 5 - vitrine économique du territoire- prévu lundi 20 a été reporté par trois fois. le directeur du Centre spatial guyanais, Didier Faivre, a annoncé, après trois reports successifs, qu'il n'y aurait "pas de lancement tant que la situation sociale ne sera pas réglée".

La ministre des Outre-mer Ericka Bareigts a appelé jeudi à la levée des barrages, et proposé des discussions à Paris autour de l'économie, de la santé et de la sécurité, principaux sujets de revendication, afin de "traiter sans délai les problèmes immédiats" et "finaliser" le Pacte pour l'Avenir de la Guyane, promis par François Hollande en 2013 mais toujours pas signé.

Jeudi soir, le préfet de Guyane a demandé aux forces de l'ordre "d'éradiquer" les barrages sauvages.

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