Venezuela: la torture "systématique" des opposants au service du pouvoir

Venezuela: la torture "systématique" des opposants au service du pouvoir

Publié le :

Mercredi 02 Août 2017 - 19:36

Mise à jour :

Mercredi 02 Août 2017 - 19:39
© Juan BARRETO / AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Les ONG et notamment Amnesty International s'inquiètent du développement de la torture dans les prisons vénézuéliennes ou les détenus politiques s'entassent depuis des mois, révélait mardi "L'Obs". Cette violence serait la nouvelle arme du régime de Nicolȧs Maduro aux prises avec une opposition virulente et critiqué par la communauté internationale.

Alors que les violences se poursuivent au Venezuela entre les forces de sécurité loyales au président Maduro et l'opposition, les ONG, et notamment Amnesty International, dénoncent un recours à la torture devenu systématique dans les prisons du régime, notamment contre les prisonniers politiques.

Sur les 4.500 arrêtés en quatre mois, il serait encore 1.500 derrière les barreaux, rappelait mardi 1er L'Obs. "On assiste, depuis 2014, à une systématisation de la pratique de la torture dans les prisons vénézuéliennes" affirme Geneviève Garrigos, responsable Amériques d’Amnesty International France. Des tortures psychologiques mais aussi physiques avec notamment l'utilisation de gaz lacrymogène, parfois directement sur les voies respiratoires, mais aussi des sévices sexuels selon une analyse du Centre des études pour l’Amérique latine menée au printemps dernier.

Selon ce document, 100% des 120 personnes interrogées évoquent des coups et 80% des scènes de déshabillage, de menaces de viols et de viols effectifs. La torture et la crainte qu'elle inspire aux opposants politiques seraient ainsi devenues une des armes du régime de Nicolȧs Maduro.

Car si certains des pires sévices peuvent être attribués à des initiatives individuelles de gardiens particulièrement sadiques "il est impossible que Maduro ne soit pas au courant de ce qu’il se passe" dans les bâtiments des renseignements situés "sous son nez", assure Geneviève Garrigos. Et d'ajouter à l'intention de ceux qui soupçonneraient une manipulation de la part de l'opposition que compte-tenu de "la profusion des témoignages", des "preuves réelles – lésions physiques, dysfonctionnements des voies respiratoires", "les violations des droits humains sont une réalité qu’il est impossible de relativiser".

L’Union européenne a fait part lundi 31 de sa préoccupation sur le "sort de la démocratie" au Venezuela au lendemain de l'élection d'une Assemblée constituante critiquée à l'étranger et rejetée par l'opposition, accompagnée de violentes manifestations. Certains Etats n'hésitent plus à parler de "dictature". Depuis quatre mois, les violences dans les affrontements entre manifestants et policiers ont déjà fait plus de 120 morts.

Selon une analyse du Centre des études pour l’Amérique latine menée au printemps, 100% des prisonniers interrogés évoquent des violences.


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