Birmanie: face à "l'épuration ethnique" des Rohingyas dénoncée par l'ONU, Aung San Suu Kyi revoit sa position

Birmanie: face à "l'épuration ethnique" des Rohingyas dénoncée par l'ONU, Aung San Suu Kyi revoit sa position

Publié le :

Mardi 19 Septembre 2017 - 10:42

Mise à jour :

Mardi 19 Septembre 2017 - 10:50
© DOMINIQUE FAGET / AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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L'ONU s'inquiète de plus en plus du "nettoyage ethnique" en cours en Birmanie à l'encontre des Rohingyas. Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix en 1991 et jusque-là favorable à l'action contre cette minorité musulmane, adoucit sa position.

Les Nations unies ont attendu avant d'utiliser le mot, mais depuis une semaine le langage diplomatique a franchi le pas, en parlant d'"épuration ethnique" en Birmanie. Et la situation des Rohingyas pourchassés par l'armée birmane sera sans aucun doute au centre des discussions lors de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, où Aung San Suu Kyi a d'ailleurs annulé sa venue.

Fin août, l'Armée de secours des Rohingyas de l'Arakan (Asra), une milice armée, a attaqué des postes tenus par les forces de sécurité birmane faisant 12 morts parmi les militaires. Le prétexte de départ à une réponse de Rangoun qui a aujourd'hui provoqué le déplacement de 410.000 personnes selon les estimations, principalement au Bangladesh voisin. Les opérations ont provoqué un nombre de morts indéfini, que l'on estimait à 400 début septembre, aux premiers jours de l'offensive militaire.

Aung Sann Suu Kyi, prix Nobel de la Paix en 1991 (et qui n'est pas, officiellement du moins, le chef de l'Etat), a décidé de tiédir sa position, dans un premier temps totalement favorable à la réponse militaire. Elle a annoncé à la télévision birmane ce mardi 19 être "profondément désolée" de la situation, critiquant "les violations des droits de l'Homme" et assurant que les autorités sont prêtes "à débuter la vérification" des identités des exilés.

Officiellement, les autorités birmanes mènent une opération contre les liens que les groupes armés rohingyas entretiennent avec certaines organisations terroristes (comme al-Qaïda qui a offert son soutien, décliné cependant par les représentants rohingyas). Mais les témoignages recueillis par les journalistes auprès de réfugiés évoquent précisément des exactions commises dans les villages sur des civils et même des enfants, sans aucun lien avec la lutte contre l'Asra. Les victimes sont ainsi traquées du seul fait de leur appartenance aux Rohingyas, une minorité musulmane dans un pays à 90% bouddhistes et vivant dans l'Etat Rakhine.

Plus de 400.000 Rohingyas ont été déplacés.

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