Cameroun: des morts en marge de manifestations pour l'indépendance de la minorité anglophone

Cameroun: des morts en marge de manifestations pour l'indépendance de la minorité anglophone

Publié le :

Lundi 02 Octobre 2017 - 15:10

Mise à jour :

Lundi 02 Octobre 2017 - 15:19
©STRINGER / AFP
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La rédaction de FranceSoir.fr

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Au Cameroun, des séparatistes anglophones ont manifesté pour demander leur indépendance dimanche. Mais les tensions entre la police et les manifestants ont blessés plusieurs personnes et tué une petite dizaine d'entre elles.

Les séparatistes anglophones camerounais manifestaient dimanche 1er octobre pour demander l'indépendance de leurs provinces. Mais des échauffourées entre manifestants et policiers ont éclaté dans plusieurs villes.

A Ndop, dans le nord-ouest du pays deux personnes ont été tuées par balles. A Kumbo, une cinquantaine de kilomètre au sud, une personne est aussi décédée sous les balles et trois prisonniers ont profité des rixes pour tenter de s'échapper de leur centre pénitentiaire. Ceux-ci ont été définitivement stoppés dans leur course par les forces de l'ordre.

D'autres manifestants, dont le nombre reste inconnu, ont été transportés à l'hôpital à Bamenda, le chef-lieu de la région.

Les indépendantistes avaient symboliquement choisi le 1er octobre pour leur manifestation. Cette journée correspond à l'anniversaire de la réunification des régions francophones et anglophones du pays, en 1961.

La minorité lutte depuis la fin de l'année de 2016 pour son indépendance mais sans succès, le président Paul Biya est farouchement opposé à leur cause. Ces dernières semaines les anglophones devaient observer un couvre-feu et les réunions de plus de quatre personnes avaient été interdites dans les lieux publics, tout cela pour éviter des manifestations. L'accès à Internet a aussi été limité.

Lors des rassemblements de dimanche, les esprits étaient échauffés par la mort d'un jeune homme anglophone, tué par la police.

Sur sa page Facebook, le président a condamné "de façon énergique" les violences de la journée, alors que des échauffourées entre indépendantistes et policiers avaient toujours lieu. "Que l'on se comprenne bien, il n'est pas interdit d'exprimer des préoccupations dans la République. En revanche, rien de grand ne peut se construire dans la surenchère verbale, la violence de rue et le défi à l'autorité. Seul le dialogue serein permet de trouver et d'apporter des solutions durables aux problèmes", a expliqué Paul Biya.

Les manifestations se sont poursuivies dans la soirée.


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