Quelles solutions pour contrôler l'épidémie : Casques connectés, bracelets biométriques et données Facebook

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Quelles solutions pour contrôler l'épidémie : Casques connectés, bracelets biométriques et données Facebook

Publié le 29/04/2020 à 09:22 - Mise à jour à 19:32
engin akyurt / Unsplash
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Auteur(s): France-Soir

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Le déploiement en France de "Stop Covid" est en plein questionnement.  Cette application numérique servira à suivre la propagation du Coronavirus. Sécurisée et respectant la protection des données personnelles, son objectif est de suivre l’historique relationnel d’une personne. En cas de proximité avec une personne déclarée positive au Covid-19, les utilisateurs seraient informés. D'autres pays font appel à différentes nouvelles technologies (objets connectés, reconnaissance faciale) pour contrôler la propagation de l'épidémie. Avec la technologie, les idées ne manquent pas avec le risque d'enfreindre la protection des données et la liberté individuelle. Panorama.
 

En Corée du Sud une transparence totale

La Corée du Sud a autorisé la collecte des données de géolocalisation des téléphones mobiles et des cartes bancaires. Dans ce pays, l'application est obligatoire et toutes les données sont restituées aux citoyens en open data. Toutes les personnes contaminées sont surveillées. Pour chaque cas, le gouvernement a accès à son historique de contacts récents non seulement avec les données téléphoniques, mais aussi avec les données bancaires et de reconnaissance faciale, collectées par les caméras de surveillance. Une personne testée positive qui ne se soumet pas à ce suivi peut être punie de deux ans d’emprisonnement.

Un portail national, donnant accès à cette information en temps réel, permet de suivre les données afin que les citoyens adaptent leurs déplacements. Des messages d'alerte sont aussi envoyés aux citoyens lorsque des lieux ont été fréquentés par des personnes contaminées.
 

En Chine l’application conditionne ce que la personne "déconfinée" a le droit de faire

L'application collecte les données de géolocalisation, l’adresse postale, les numéros de téléphone et la pièce d’identité de l’utilisateur. L’application génère un QR code dont la couleur varie en fonction de la probabilité de contamination. Selon son code couleur l’utilisateur peut avoir accès aux transports, aux commerces et, à Wuhan, on ne peut même pas sortir de chez soi sans avoir téléchargé l’application.
 

Israël, une affaire de sécurité intérieure

L'Israël a mis à disposition de la lutte anti-coronavirus les moyens de sa lutte anti-terroristes. Les forces de l’ordre utilisent la géolocalisation du smartphone des personnes malades pour des « contrôles aléatoires » qui visent à éviter leurs déplacements. Les citoyens ont la possibilité  d'accéder aux données de circulation des personnes contaminées pour ainsi estimer si elles étaient en contact avec quelqu’un de positif au coronavirus.
 

Casques connectés pour le dépistage par prise de température aux Emirats Arabes Unis

Les forces de l’ordre sont équipées de casques connectés qui permet d’analyser la température des passants à distance. La police n’a même pas besoin de se rapprocher des suspects et peut prendre la température jusqu’à cinq mètres de distance. Cette procédure est adaptée à des lieux très fréquentés, car les cas de contamination du pays ont été repérés principalement dans les communautés de travailleurs migrants qui habitent des logements surpeuplés.

Aux Etats-Unis, Facebook collabore avec la cartographie de la propagation

Facebook met à disposition ses données pour aider les organisations de santé à comprendre la propagation de l'épidémie et mieux gérer leur réponse. Trois cartes interactives ont été développées : la "carte de regroupement", "d’amplitude de mouvement" et de “connectivité sociale" . Grâce à ces données, il est possible de déterminer le taux de probabilité que des personnes d’une région entrent en contact avec celles d’une autre région, les zones qui peuvent véhiculer des contaminations et grâce aux liens “d’amitié” entre les utilisateurs sur Facebook, on peut aussi visualiser les interactions entre les habitants d’un quartier ou d’une région et prévoir quelles régions sont moins isolées et plus susceptibles de représenter un foyer de contamination. Mark Zuckerberg affirme que les données sont agrégées et totalement anonymisées.

En Italie et au Liechtenstein, des bracelets connectés

Au Liechtenstein, un projet pilote vient d'être lancé, basé sur un bracelet connecté. Des données de santé seront recueillies grâce aux bracelets et serviront à développer des algorithmes capables d’identifier de manière précoce les personnes contaminées. En Italie, comme en France, les bracelets connectés pourraient être utilisés pour suivre les personnes âgées qui ne seraient pas équipées de smartphone.

En Italie, pour inciter les personnes à télécharger l’application “Immuni”, le gouvernement envisage de conditionner la libre circulation des malades à son téléchargement.
 

L’utilisation de l’application par les Européens doit se faire sur la base du volontariat afin de respecter le RGPD (protection des données personnelles).  C'est une des principales limites de ces applications et freine la mise en place de Stop-Covid en France. C’est une des raisons pour lesquelles le débat a été reporté par le Premier Ministre Edouard Philippe. 

Lire aussi : 

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Auteur(s): France-Soir


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