Daech a utilisé du gaz moutarde en Irak

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La rédaction de FranceSoir.fr
Publié le 15 février 2016 - 21:39
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Les forces irakiennes tentent de reprendre Ramadi des mains de l'Etat islamique.
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Des traces de gaz moutarde auraient été relevées sur des combattants kurdes.
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L'Etat islamique aurait bien utilisé du gaz moutarde en Irak selon des sources proches de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. Un gaz mortel dont l'utilisation est interdite par l'ONU depuis 1993.

Des sources proches de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) ont indiqué que l'Etat islamique (Daech) a bien utilisé du gaz moutarde (ou ypérite) en août dernier en Irak près d'Alep. Les conclusions d'analyses menées sur des combattants kurdes qui avaient alors affronté l'EI et chez lesquels des traces de gaz moutarde ont été relevées.

Suite aux combats d'août dernier, les autorités Peshmergas (kurdes) avaient affirmé avoir constaté  plusieurs dizaines d'explosions qui avaient dégagé de la poussière blanche et du liquide noir, soit les effets d'une attaque au gaz moutarde. L'OIAC s'est cependant refusée à une confirmation officielle, déclarant que les analyses avaient bien été faites et que les résultats avaient été transmis au gouvernement irakien.

Ces informations vont dans le sens des affirmations du directeur de la CIA, John Brennan, qui avait déclaré il y a quelques jours que Daech avait les moyens de fabriquer des armes chimiques telles que le gaz moutarde ou la chlorine.

Le gaz moutarde attaque les yeux et engendre une cécité temporaire, provoque une grave inflammation de la peau et des muqueuses pulmonaires qui peut entraîner la mort. Utilisé pour la première fois durant la Première guerre mondiale, il a été interdit par l'ONU en 1993.

Des traces de son utilisation avaient cependant déjà été repérées au début du conflit syrien, de même que d'utilisation de gaz sarin. Le régime de Bachar al-Assad avait accepté en 2013 de déclarer et remettre son arsenal chimique.

Ces révélations viennent attiser la crainte d'un attentat à l'arme chimique, une possibilité qu'il ne faut pas "exclure" selon les propos tenus par Manuel Valls en novembre dernier. Mais selon certains experts, le gaz n'est pas l'arme la plus adaptée pour commettre un attentat car il demande de lourds moyens de transport et d'utilisation.

 

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