Dernière ligne droite pour la COP21, "la catastrophe climatique guette"

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Dernière ligne droite pour la COP21, "la catastrophe climatique guette"

Publié le 07/12/2015 à 18:21 - Mise à jour à 18:25
©Dominique Faget/AFP
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Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP

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Les négociations de la COP21 sont entrées dans la dernière ligne droite ce lundi avec une dernière semaine qui s'annonce cruciale. "La catastrophe climatique nous guette (...) et le monde a les yeux rivés sur vous", a ainsi déclaré le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

La COP21 entre dans la dernière ligne droite. "La catastrophe climatique nous guette (...) et le monde a les yeux rivés sur vous", a déclaré ce lundi 7 le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui a exhorté ministres et hauts représentants de 195 pays à sceller l'accord tant espéré sur le climat cette semaine à la conférence de Paris.

"Le monde attend de vous plus que des demi-mesures", a lancé Ban Ki-moon au Bourget, où une centaine de ministres de l'Environnement, Energie et Affaires étrangères, prennent cette semaine la main sur les négociations, dont nombre de points cruciaux sont encore disputés.

Il reste formellement cinq jours pour sceller l'accord qui devrait permettre d'empêcher un réchauffement de plus de 2°C du globe, par rapport à l'ère pré-industrielle, et l'accélération de ses effets destructeurs déjà constatés, de la fonte des glaciers aux cyclones dévastateurs.

"D'ici la fin de cette année, nous aurons déjà atteint une hausse de la température globale de 1°C", a rappelé le président du groupe d'experts scientifiques sur le climat (GIEC), Hoesung Lee.

La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES), a déclenché pour la première fois lundi l'alerte maximale "rouge" à la pollution atmosphérique à Pékin, alors qu'un nouvel épisode "d'airpocalypse" doit toucher la capitale.

Ban Ki-moon a salué le rôle de Pékin, qui s'est engagé à un pic de ses émissions de GES "autour de 2030", dans la lutte contre le réchauffement. "Les efforts de la Chine pour régler ses problèmes environnementaux et sa contribution à ces négociations (...) est très louable", a déclaré Ban Ki-Moon à la presse.

Le président de la COP21, le ministre français Laurent Fabius, a proposé un calendrier très serré avec "une première vision d'ensemble" du texte dès mercredi 9 et la conclusion de l'accord jeudi 10, pour des raisons de traduction et de formulation juridique.

Les équipes de négociateurs ont remis vendredi 4 une ébauche d'accord, un texte touffu de 48 pages avec de très nombreuses options, et les ministres doivent désormais trancher dans le vif. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est arrivé à la mi-journée de ce lundi à Paris pour participer à ce dernier round de discussions.

"Il y a plutôt une spirale positive (...) rien n'est joué mais le meilleur est encore possible", a estimé ce lundi le conseiller du président François Hollande, l'écologiste Nicolas Hulot.

Cette conférence a d'ores et déjà permis d'obtenir de 185 pays, couvrant la quasi-totalité des émissions de GES, l'annonce de mesures pour limiter la progression, voire réduire, leurs rejets polluants d'ici 2025 ou 2030. Pour autant, ces émissions continueront globalement à progresser, mettant la planète sur la trajectoire d'un réchauffement situé entre 2,7°C et 3,5°C.

L'un des enjeux de l'accord de Paris est de bâtir un mécanisme garantissant une révision tous les cinq ans et à la hausse des objectifs de chaque pays, sachant qu'il faudra faire bien plus -économies d'énergie, développement des énergies renouvelables, lutte contre la déforestation...- et encore plus vite pour rester sous les 2°C.

La date de première révision est un enjeu de taille. Ban Ki-moon a clairement appelé les pays à agir "dès avant 2020", un point très disputé et auquel tiennent particulièrement les pays les plus vulnérables, comme les petits Etats insulaires (AOSIS) menacés par la montée des eaux. "Si nous sauvons Tuvalu, nous sauverons le monde!", a lancé son Premier ministre, Enele Sosene Sopoaga, qui a rappelé l'importance de la mention dans le texte de l'objectif de 1,5°C, avertissant que "toute hausse de la température au-delà entraînera la disparition totale" de son île.

"Le réchauffement climatique ce n'est pas quelque chose qui va arriver, c'est déjà en cours", a pour sa part assuré le ministre de l'Agriculture fidjien Inia Seruiratu, également mebre de la délégation de l'AOSIS qui a répondu aux questions de FranceSoir à la COP21 de Paris. Il a ainsi réclamé "des actions", rappelant que son pays a déjà "dû commencer à reloger les habitants de certains villages inondés par la montée du niveau de la mer pour les mettre en sécurité".

L'un des dossiers les plus difficiles est celui de l'aide financière pour aider les pays du Sud à s'engager dans une transition énergétique et à s'adapter aux effets du réchauffement. "La finance, le développement et le transfert de technologie (...) sont cruciaux et des éléments clés de l'accord de Paris", a répété la représentante du G77 + Chine, qui rassemble les pays en développement, la Sud-Africaine Nozipho Mxakato-Diseko.

Ces derniers exigent notamment des assurances sur le versement promis de l'aide de 100 milliards de dollars par an d'ici 2020, et sur une augmentation de cette somme après cette date. "Il y a un consensus de plus en plus large" sur ce dernier point, a déclaré la responsable climat de l'ONU, Christiana Figueres.

De leur côté, les pays industrialisés ne veulent plus être les seuls à mettre la main au portefeuille, un appel du pied aux émergents et aux pays pétroliers.

Invité surprise parmi les ministres, Arnold Schwarzenegger, arborant une cravate verte, a appelé ces derniers à se "retrousser les manches". "Il faut rayer les mots +non+ et +impossible+ de votre vocabulaire", a lancé "Terminator", après avoir évoqué les vertes prairies de son enfance autrichienne.

 

Auteur(s): La rédaction de FranceSoir.fr avec AFP


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"Il y a plutôt une spirale positive (...) le meilleur est encore possible", a estimé ce lundi Nicolas Hulot.

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